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 Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde

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Pierre-Adrien
Vicomtesse, Vicomte


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MessageSujet: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 20 Déc 2010 - 12:58


Ci-dessous la transcription d'un passage issu d'un livre sur l'église Saint-Sulpice. C'est un peu long vous m'en excuserez.

Extrait de l’ouvrage de Charles Hamel Histoire de l’église Saint-Sulpice, Paris, 1900
pp.477-481

Le petit orgue de la chapelle des Etudiants

( Note : Le paragraphe qui suit n’est qu’un résumé d’un article, plein d’intérêt et d’esprit, que M. Widor a consacré à ce petit orgue, sous le titre de : l’Orgue du Dauphin, dans le numéro de la revue de l’art ancien et moderne du 10 avril 1899, p.291 à 298)

En 1804, à l’occasion de la prochaine visite de Pie VII à Saint-Sulpice, le curé M. de Pierre, qui avait besoin d’un petit orgue d’accompagnement, acheta chez un brocanteur de la rue du Bac un joli buffet d’orgue Louis XV, d’une parfaite élégance, en chêne sculpté, verni blanc et or, et dont les dimensions cadraient exactement avec celles de l’enfoncement des portes latérales de la chapelle de la Sainte Vierge, dans l’une desquelles il voulait le placer.

Le brocanteur l’avait acquis lui-même, en 1793, à la vente de Trianon : « C’était, disait-il, l’orgue de Marie-Antoinette ; et il avait été touché par la Reine, par Gluck et Mozart. » « Il était à peu prés intact, avec ses deux claviers manuels, son pédalier d’une octave et ses huit jeux aux sonorités discrètes et pures. » Mais un revêtement des touches, en os grossièrement taillé, avait remplacé la nacre ou l’ivoire des claviers et des boutons de registres ; quelques tuyaux manquaient aussi ; et les armes de France qui couronnaient le buffet avaient disparu.

Avant de l’envoyer à l’église, M. de Pierre le fit restaurer à la hâte. La couronne royale et les fleurs de lys furent remplacées par le chiffre de la Sainte Vierge, A. M. surmonté d’une double couronne d’étoiles ; un clavier très ordinaire y fut adapté ; et au jeu dont les tuyaux manquaient, fut substitué un jeu à anches libres, de sonorité assez maigre.

Il resta ainsi une soixantaine d’années à la chapelle de la Sainte Vierge, jusqu’au jour où M. Hamon le fit transporter dans la chapelle des Etudiants, qu’il bénit le 6 décembre 1863. Et à cette occasion, M. Cavaillé-Coll le remit en état et l’agrémenta d’une boîte expressive.

En 1896, M. de Widor trouva par hasard, dans les ateliers de ce facteur, parmi des bois de rebut, un vieux clavier artistiquement encadré de bois de rose fleurdelisé, qui avait été celui de l’orgue de la chapelle du château de Versailles, et qui était resté inutilisé depuis la restauration de cet orgue en 1873. Aussitôt il le chargea de substituer ce clavier, de style pur, aux touches communes, confectionnées en 1804 ; et lorsque ce petit travail fut fini, une note, parue, en octobre 1896, dans le journal le Gaulois, annonça « que l’ancien clavier de la chapelle du château de Versailles venait d’être adapté par Cavaillé-Coll à l’orgue de Marie-Antoinette à Saint-Sulpice ».

Cette note intrigua fort le très distingué conservateur du musée de Versailles, M. de Nolhac. Il demanda des explications à M. Widor, et fit des recherches. Dans les livres de comptes de Trianon, il ne trouva rien qui indiquât l’achat ou la commande d’un orgue par Marie-Antoinette ; et il lui paraissait d’ailleurs invraisemblable qu’un artiste du temps de Louis XVI eût dessiné un buffet d’orgue Louis XV. Mais il lut dans les Mémoires du duc de Luynes, à la date du 27 novembre 1747, que M. le Dauphin avait « désiré qu’il eût une porte donnant sans un petit enfoncement de son cabinet où l’on allait placer un buffet d’orgue », et dans une note des mêmes Mémoires, datée du 13 août 1749, qu’il avait payé cet orgue à son facteur, Nicolas Somer, demeurant rue Saint-Jacques, à Paris, et qu’il en avait été ensuite transporté à Trianon, en 1771, quand la nouvelle Dauphine, Marie-Antoinette, vint s’y installer.


Muni de ces renseignements, il pria M. de Widor de lui montrer l’orgue de Saint-Sulpice. A sa vue : « Quel beau bibelot ! » s’écria-t-il ; et après quelques instant d’examen, il ajouta : « C’est bien là, comme je m’en doutais, l’orgue du Dauphin : je le reconnais à son style ; car c’est tout à fait la manière de Werberckt, l’ornemaniste de Versailles à cette époque. »

Et depuis lors, quand il y a fête à la chapelle des Etudiants, il est de tradition de ne plus jouer jamais que du rameau, du Couperin, du Clérambault, du Gluck ou du Mozart, sur ce clavier qui a été touché par ces mains illustres.

L’année suivante (1897) M. Widor fit encore rétablir, à ses frais, sur les indications de M. de Nolhac, au haut du buffet, la couronne royale et les fleurs de lys, et un peu plus tard les boutons de registres, et tout récemment le plus joli pupitre qui soit orné des armes de France et de Navarre surmontés de la couronne royale, en sorte qu’aujourd’hui, l’aspect de cet orgue, dans son ensemble, est identique à celui d’autrefois.

C’est donc au culte désintéressé de M. de Widor pour son art, qu’il honore grandement lui-même par son talent, que la Fabrique est redevable de la restauration intégrale de ce délicieux bijou artistique, d’une grande valeur comme orgue, mais d’un prix bien plus grand encore comme souvenir historique



Dernière édition par Pierre-Adrien le Lun 20 Déc 2010 - 22:42, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 20 Déc 2010 - 14:45

Merci cher Pierre-Adrien pour la publication de votre résumé qui me conduit également à réexaminer la question, à la duite de M de Noisy.
Christian Baulez a également écrit sur "l'orgue du Dauphin", dans son article sur la restauration du Grand Cabinet et de la chambre de la Dauphine est repris dans "Versailles deux siècles d'Histoire de l'art" consacré au conservateur honoraire.

De mémoires, c'est l'identification de la console d'entre-fenêtre de la Dauphine, dans la chambre de la reine depuis Louis-Philippe, qui a conduit retirer l'orgue placé là depuis son retour à Versailles sous le conservatorat de Gérald Van der Kemp.
La Dauphine avait en effet eu un orgue dans son Grand Cabinet. Il y a un ébrasement dans la maçonnerie derrière la boiserie, peut-être à l'emplacement d'une anciene porte qui permit de l'encastrer.

Des recherches fines avaient montré des traces de bûchages de lévriers héraldiques, restitués depuis, avec les traces, elles-mêmes rajoutées et donc non d'origine, du MA attribuable à Marie-Adélaïde.

Plans du couvent de la Reine au chiffre de cette princesse


Le placement de la console d'entre fenêtres sous un trumeau de glaces resculpté, mais face aux fenêtres, où avait été placé l'orgue, conduisit à le placer dans le Grand Cabinet d'Adélaïde qui eut un orgue de salon dans chaucun de ses deux appartements de l'aile du midi.

Ou se trouvait cet orgue lorsque Louis XVI occupait l'appartement de sa mère, et Marie-Antoinette celui du Dauphin? Sa récuparation par la Reine un peu comme les boiseries de l'arrière cabinet, comme tenu de ses goûts musicaux, ne parait pas invraisemblable.

Sauf erreur de ma part, les instruments de musique, comme la plupart des lustres, sauf ceux qui étaient un peu exceptionnel, ne faisaient pas partie des inventaires des meubles.

Simplement pour affirmer...qu'on ne peut rien affirmer! Ni infirmer d'ailleurs. Sauf que Marie-Antoinette n'a pas pu s'installer à Trianon en 1771 mais en 1774.

Tout comme M de Noisy, on ne saurait lever le mystère.

Si Nolhac n'a pas retrouvé la commande de cet instrument ancien pour Trianon, ce qui est logique, puisque déjà peut-être à Versailles, apparaît-il dans les ventes révolutionnaires de 1793?

Faut-il l'imaginer dans une caisse et non encastré?

Cela pourrait expliquer les trois emplacements chez la Dauphine, chez Mme Adélaïde ou à Trianon.

L'arrivée de l'orgue/piano du Mobilier national rend souhaitable une étude approfondie de cet aspect de la vie du château, qu'est la musique et ses rapports avec la famille royale.


Dernière édition par Alain ROGER-RAVILY le Ven 24 Déc 2010 - 19:27, édité 1 fois
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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 20 Déc 2010 - 20:44

Merci messieurs pour ces "éclaircissements" tirés des premières sources. Nous touchons presque au but.
En attendant d'autres découvertes dans les archives !!!

Je reposte ici l'historique récent de cet instrument, bien plus exact que mes premières assertions d'hier !!!

En arrivant à Versailles par dépot, l'orgue a d'abord été placé dans un renfoncement existant dans le grand cabinet de la dauphine qui elle eut bien un orgue dans ses appartements à Versailles (dixit M. Baulez).
Cependant après restitution des volumes du grand cabinet de la dauphine dans les années 1980, ce renfoncement s'est trouvé occulté par les boiseries, chassant l'orgue de la pièce.

La consevation, revenant sur l'origine présumée Adélaide de l'orgue a donc décidé de le placer dans son grand cabinet sans aucun trace historique d'archives.
Et il a donc fallu trouver ce montage astucieux mais totalement hasardeux chez la princesse pour pouvoir le présenter au public.
A un emplacement ou je le rapelle ne se trouvait qu'un grand miroir de boiserie surmontant un canapé.
C'est ailleurs ce dernier état mélangeant anciennes boiseries Penthièvre, Pompadour puis Adélaide qui subsitait encore lors des destruction de Louis-Philippe ainsi que l'on peut le voir dans les relevés de Nepveu conservé au chateau.



La suppression de cet orgue réglerait d'ailleurs un probléme que rencontre actuellement la consevation dans sa politique de remeublement du rez-de chaussée :
- gagner en cimaise et replacer éventuellement un grand portrait si le miroir n'était pas restitué
- placer dans un ordre plus équilibré et aéré le mobilier de Tilliard pour Gustave III.

Si une telle décision était prise, reste à savoir que faire de l'orgue !!!
C'est tout l'exercice de mobilier musical auquel réfléchissent actuellement Messieurs Rondot et Garcia à la relecture des inventaires.

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Pierre-Adrien
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 20 Déc 2010 - 22:40

Image de l'orgue dans l'ouvrage de Hamel :



Photo d'Atget :



Détail montrant le pupitre ajouté entre 1897 et 1900, également photographie d'Atget



Un membre de ce forum pourrait-il ajouter une photo de l'orgue dans son état actuel. Merci
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Vidame du Hayreu-Hersay
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 20 Déc 2010 - 22:50

Cher Pierre-Adrien, je me permets de renvoyer au magnifique site de Ganymède :

http://720plan.ovh.net/~jardinsd/Chateau/Appt-2/Pages/24-05.htm

En cliquant sur les différents boutons ou "ronds" à droite, vous obtiendrez des clichés de détail.

Un exemple :


© Ganymède
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M. de Tarente
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mer 22 Déc 2010 - 19:13


Dans l'inventaire de l'appartement de Madame Victoire publié par M. de Meuse, il est bien précisé que le Grand Cabinet de la Princesse disposait d'un buffet d'orgue fermé ... Pourquoi ne pas replacer cet orgue chez Madame Victoire ?
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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mer 22 Déc 2010 - 20:50

Voila qui semble être une bonne idée,

je crains cependant que cette présentation ne se heurte à l'importance du mobilier de Tilliard dit "de Gustave III" que la conservation veut regrouper ici selon sa politique de remeublement.
Si l'on place le grand canapé sous le miroir, il resterait bien un devant de porte mais esthétiquement, voila qui laisse à désirer.
Pour l'anecdote, ce cabinet est actuellement "envahi" par les deux clavecins que possède le chateau qui sont d'ailleurs tristement placés tête-bèche au milieu de la pièce et recouverts de tissus.

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M. de Tarente
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mer 22 Déc 2010 - 21:31



Voilà qui est dommage, quand on sait que Madame Victoire avait un clavecin dans sa chambre, et un orgue et un violon dans son Grand Cabinet ...

Mais je comprends que la conservation veuille présenter un ensemble de sièges dans une même pièce, au lieu de le disperser (même si on sait que les chaises du Salon des Jeux de Louis XVI étaient réparties entre cette pièce et la Bibliothèque des combles à la fin de l'Ancien Régime). Espérons que de prochains dépôts et achats permettent aussi de placer dans le Grand Cabinet de Madame Victoire des tables à jeu et des chaises-voyeuses. On parle de chaises lyre. Pourquoi ne pas proposer de faire revenir ici, à titre d'équivalent, les deux chaises en acajou (d'un ensemble de 24 au total à l'origine) exécutées par Sené pour le salon de la princesse de Lamballe à Versailles, et désormais perdues dans les appartements du Palais Soubise. Après le mobilier de Calonne, souhaitons que celui de la Surintendante de la Maison de la reine fasse son entrée au château (voir Verlet, le mobilier royal français, tome 2).
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mer 22 Déc 2010 - 21:46

J'espère que cet orgue, magnifique évocation de la vie musicale chez Mesdames et dans les appartements princiers, ne sera pas remisé dans une salle secondaire ou dans les réserves.
La mise en valeur de cet instrument exceptionnel me semble plus important que le regroupement de sièges dont l'emplacement d'origine a disparu.
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Pierre-Adrien
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Ven 24 Déc 2010 - 19:12

Pour compléter ce sujet je vous fais part de documents conservés à la Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles de la Ville de Paris qui détient une partie des archives administratives relatives aux édifices religieux appartenant à la Ville.

J’ai tout d’abord trouvé des documents concernant l’ancien clavier de l’orgue qui a depuis rejoint son emplacement original c’est à dire le grand orgue de la chapelle royale. Je pensais tout bêtement que la repose de ce clavier (sur deux registres en fait) avait eu lieu lors du dépôt du petit orgue de l’église Saint-Sulpice au château sous l’ère de Gérald Van der Kemp. Il n’en est rien. Le grand orgue devant être restauré pour l’exposition de 1937 c’est à cette époque que l’Etat demande le retour des claviers.


Le 18 janvier 1937
Note du Directeur des Beaux-Arts de la Préfecture de la Seine à l’attention du Directeur des Affaires Municipales et du Contentieux

Le Directeur Général des Beaux-Arts a demandé, par communication téléphonique, en raison de l’urgence d’une prompte décision, l’autorisation de reprendre, à l’église St-Sulpice, le clavier du petit orgue qui provient de l’orgue du dauphin, de Versailles, afin de le rendre à sa destination primitive.
L’Etat s’engageant à remplacer à ses frais, à l’église St-Sulpice, le clavier de l’orgue qui sera enlevé, je ne vois pour ma part aucune objection à la réalisation de ce projet.


Suit un brouillon manuscrit du bureau du contentieux demandant des justifications concernant la provenance et la propriété des claviers, ceux ci étant réputés appartenir à la Ville en vertu des lois relatives à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Paris 19 janvier 1937
Note du Directeur des Beaux-Arts de la Préfecture de la Seine à l’attention du Directeur des Affaires Municipales

Comme suite à la communication de M. Billières, chef de service, en date du 19 janvier 1937, j’ai l’honneur de vous faire connaître que les claviers de Clicquot ont été enlevés de l’orgue de la chapelle du Palais de Versailles en 1872 et placées dans l’orgue du Dauphin à Saint-Sulpice, par la Ville de Paris
(ceci est erroné puisque nous avons vu que c’est M. Widor qui fît poser les claviers). La restauration de l’orgue de la chapelle royale de Versailles, tel qu’il existait à a fin du XVIIIe siècle, devant être achevée au cours de cette année, il y aurait lieu, conformément à l’avis émis par la Commission des Monuments Historiques, dans sa séance du 29 janvier 1932, de faire remettre en place les claviers de Clicquot. L’Administration des Beaux-Arts de l’Etat prend dès maintenant l’engagement de remplacer ces claviers à ses frais.

Suit une lettre du 23 janvier 1937 de la Direction du Contentieux de la Préfecture de la Seine au curé de Saint-Sulpice l’avertissant du projet de changement des claviers.

Réponse du curé le 4 février 1937 qui y joint une lettre de M. Widor demandant à ce que l’orgue ne soit pas touché :

« Les 5 claviers se trouvaient accrochés au mur de l’atelier, avenue du Maine ; c’est en les voyant que j’eus l’idée de remplacer par l’un de ces claviers, encastré de bois de rose fleurdelisé, celui de l’orgue du Dauphin ouvrage grossier et provisoire du brocanteur.
Sur ces 5 claviers restent donc inutilisés 4 claviers et demi. Où sont-ils ?

L’orgue du Dauphin doit rester tel qu’il est aujourd’hui avec ses insuffisances et son archaïsme, et c’est précisément par là qu’il retient notre attention. » (…)

Suit trois feuilles dactylographiées dont le contenu pourrait correspondre à l’article de Widor dont parle Charles Hamel retraçant plus longuement l’histoire de l’orgue du Dauphin et des claviers du grand orgue. (nous reparlerons de ce document plus tard)


Le 10 février 1937
Lettre du Ministre de l’Education Nationale au Préfet de la Seine (Direction des Beaux-Arts et des Musées de la Ville de Paris

J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur l’intérêt qu’il y aurait à terminer, avant l’ouverture de l’Exposition internationale de 1937, la restauration de l’orgue de la chapelle du Palais de Versailles.
Le facteur chargé de l’opération a dû interrompre ses travaux depuis plus de deux mois. Il ne pourra les reprendre que lorsqu’il aura été autorisé à prendre livraison des deux claviers provenant de l’instrument à réparer et ornant actuellement l’orgue dit « dit du Dauphin », conservé dans l’église Saint-Sulpice.

Je me permets de vous rappeler que l’orgue des Clicquot fut amputé de ses claviers en 1872 lors de la hâtive transformation qu’il subit sous la direction de M. Massenet et M. Widor
(on apprend alors que Widor a participé à cette opération alors qu’il dit découvrir les claviers dans l’atelier de Cavaillé-Coll). M. Cavaillé-Coll chargé des travaux ayant placé une console moderne devant le buffet retira les quatre claviers anciens qu’il emporta dans ses ateliers.

En 1896, M. Widor, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, alors organiste de l’église St-Sulpice, demanda à M. Cavaillé-Coll d’incorporer dans le petit orgue dit « du Dauphin » deux des claviers provenant de Versailles. Une notice affichée dans l’église St-Sulpice rappelle le fait.

L’Etat a ordonné, en 1936, la restauration de l’orgue du Palais de Versailles. L’instrument musical sera reconstitué de telle sorte que la musique du temps de la création puisse y être interprété avec la même puissance et la même qualité de son qu’à l’origine. Cet orgue sera considéré comme un instrument de musée au point de vue musical et ne servira qu’à l’interprétation des œuvres anciennes.

L’instrument des Clicquot défiguré au XIXe siècle devant être restauré tel qu’il était à la veille de la Révolution, il apparaît nécessaire d’y incorporer les claviers subsistants que l’Etat est fondé à réclamer. Ces claviers doivent retrouver leur destination primitive dans l’orgue du Palais de Versailles alors que leur maintien à St-Sulpice ne peut guère se justifier. Il convient, d’ailleurs , de ne pas oublier que l’orgue dit « du Dauphin » n’offre qu’un intérêt historique contestable (ce qui n’empêchera pas une demande de dépôt par la suite…).

Les claviers seraient actuellement confiés à la Ville de Paris du fait que mis en valeur en 1896 ils figurent à l’inventaire dressé après la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Je vous serai très obligé d’autoriser leur enlèvement afin de permettre la réalisation de l’œuvre entreprise à Versailles où, dès le début de l’exposition, seront donnés des concerts spirituels de musique ancienne française dans un décor historique qui préparera les esprits à les mieux comprendre. Cette initiative ne saurait manquer d’être vivement appréciée des visiteurs d’élite de l’Exposition.

De nouveaux claviers seraient exécutés pour cet orgue aux frais de l’Administration des Beaux-Arts dans les conditions que vous voudrez bien indiquer. J’espère que vous donnerez, dans le plus bref délai, les instructions nécessaires pour permettre la réalisation d’un programme dont l’intérêt exceptionnel ne vous échappera certainement pas.
Par autorisation Le Directeur Général des Beaux-Arts
Georges Huisman



Suit le brouillon de la lettre du Préfet de la Seine au Ministre de l’Education Nationale (Direction des Beaux-Arts) du 24 février autorisant l’Administration des Beaux-Arts à reprendre les claviers.
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Ven 24 Déc 2010 - 19:48

Il y aurait un bel article à publier sur ce sujet dans Versalia...
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M. de Noisy
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MessageSujet: clavecin Louis XIV Tuilerie Louis XVI Clothilde   Sam 25 Déc 2010 - 12:23

Effectivement,

car la musique militaire ou privée était omniprésente dans la vie de la cour de France.
on vient de le voir, le Dauphin ou la dauphine, Madame Victoire avaient un orgue de salon,
Un orgue bas en bois sculpté rocaille blanc et or est passé récemment en vente, un autre portait un décor en camaieu vert à la Watteau.

la plupart des femmes de la maison royale jouaient d'un instrument et possédait un clavecin ou une épinette.
Marie-Antoinette en eut plusieurs ainsi que des piano-forte dont l'un de Taskin restauré est au petit Trianon.

Et sont récemment passés en vente d'autres instruments intéressants la cour comme un violon aux armes de France peintes, peut-être pour l'un des 24 violons du roi,

- Un clavecin d'époque Louis XIV du facteur Girolamo ZENTI vers 1661/2-1666.

Cet instrument est l'un des clavecins faisant partie des commandes faites à Girolamo ZENTI soit pour l'Opéra de Francesco Cavalli, " Ercole Amante " donné en 1661 au palais des Tuileries pour le mariage de Louis XIV, soit un de ceux qui ont été commandés en remplacement des clavecins qui ont brûlé lors de l'incendie de la galerie des peintres du Louvre ou l'on s'apprêtait à donner le Ballet de l'impatience, soit la commande de 1662 pour le ballet du Roy.

et j'ai retrouvé un clavecin faut par Pascal Taskin en 1782 pour Mme Clothilde puis offert par la ville de Turin au prince Umberto de Savoie.
(vente Christie's, Londres, 24 10 2000, lot 185)

Pour aller plus loin sur ce sujet, l'un des membres du forum sait-il si des instruments de musique royaux sont conservés en France hors de Versailles, je pensais en particulier au musée de la Musique à Paris, aux collections de l'Opéra ou au Musée de l'Armée ?

A ma connaissance, il y a aujourd'hui à Versailles deux clavecins (Ruckers et Blanchet), 2 pianon-forte (Taskin et Erard), une harpe (Naderman), le violon des filles de France, l'orgue dit de Madame Adélaide, une paire de timbales,

Cordialement

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Dernière édition par M. de Noisy le Lun 28 Avr 2014 - 19:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Sam 25 Déc 2010 - 16:06

On pourrait ajouter «le piano « en secrétaire » par David Roentgen, rare exemple de ce type de meuble
fabriqué par le célèbre ébéniste allemand» dont le dépôt par le Mobilier national a été annoncé par JJA dans sa conférence de presse du 14 décembre 2010. J'aimerais bien connâitre la provenance de ce meuble...

N'oublions pas l'orgue restauré de la chapelle dont on pourra enfin lire une étude dans le prochain numéro de Versalia.
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 28 Déc 2010 - 12:22

M. de Noisy a écrit:
Effectivement,

car la musique militaire ou privée était omniprésente dans la vie de la cour de France.
on vient de le voir, le Dauphin ou la dauphine, Madame Victoire avaient un orgue de salon,
Un orgue bas en bois sculpté rocaille blanc et or est passé récemment en vente, un autre portait un décor en camaieu vert à la Watteau.

la plupart des femmes de la maison royale jouaient d'un instrument et possédait un clavecin ou une épinette.
Marie-Antoinette en eut plusieurs ainsi que des piano-forte dont l'un de Taskin restauré est au petit Trianon.

Et sont récemment passés en vente d'autres instruments intéressants la cour comme un violon aux armes de France peintes, peut-être pour l'un des 24 violons du roi,

- Un clavecin d'époque Louis XIV du facteur Girolamo ZENTI vers 1661/2-1666.

Cet instrument est l'un des clavecins faisant partie des commandes faites à Girolamo ZENTI soit pour l'Opéra de Francesco Cavalli, " Ercole Amante " donné en 1661 au palais des Tuileries pour le mariage de Louis XIV, soit un de ceux qui ont été commandés en remplacement des clavecins qui ont brûlé lors de l'incendie de la galerie des peintres du Louvre ou l'on s'apprêtait à donner le Ballet de l'impatience, soit la commande de 1662 pour le ballet du Roy.



et j'ai retrouvé un clavecin faut par Pascal Taskin en 1782 pour Mme Clothilde puis offert par la ville de Turin au prince Umberto de Savoie (vente Christie's, Londres, 24 10 2000, lot 185)




Pour aller plus loin sur ce sujet, l'un des membres du forum sait-il si des instruments de musique royaux sont conservés en France hors de Versailles, je pensais en particulier au musée de la Musique à Paris, aux collections de l'Opéra ou au Musée de l'Armée ?

A ma connaissance, il y a aujourd'hui à Versailles deux clavecins (Ruckers et Blanchet), 2 pianon-forte (Taskin et Erard), une harpe (Naderman), le violon des filles de France, l'orgue dit de Madame Adélaide, une paire de timbales,

Cordialement

Dans l'ecellent livre "Les Clavecins" de Claude Mercier Ythier daté de 1996, un article décrivant la gestion de la facture et de l'accord des clavecins et fortepiano à la cour de Versailles de Madame Colombe Samoyault-Verlet, répond probalement à votre interrogation : "...Tous les clavecins royaux étaient des instruments de premier ordre. Sur 23 clavecins , on compte, en 1780, 11 Ruckers dont neuf avaient été mis à ravalement (extension du nombre de touches par élargissement de la caisse), venaient ensuite 2 Blanchet et 2 Taskin, jugé comme les meilleurs clavecins après les flamands. Deux clavecins de Dumont, dont un mis à ravalement par Hemsch... On regrette qu'aucun de ces instruments n'ait pu, jusqu'ici, être identifié avec certitude."

Il est vrai que l'article a 14 ans... J'espère que nous avons fait des progrès dans ce sens. En tous les cas je vous recommande cet article qui intéressera qui se demande comment fonctionnait la charge de facteur de clavecin à la cour de France.
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Voyageur
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 28 Déc 2010 - 16:33

Si je ne m'abuse, Mme Du Barry possédait dans son appartement de Versailles une harpe, un clavecin et un piano forte.
Ces instruments ont-ils survécu?
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Vidame du Hayreu-Hersay
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 28 Déc 2010 - 17:54

Cher Voyageur, voici ce qu'en dit F. Arné dans le catalogue Madame Du Barry, de Versailles à Louveciennes, Flammarion, Paris, 1992, p. 139 :
Citation :
Après la mort de Mme Du Barry, ces instruments subirent le même sort que le reste de son mobilier et de ses oeuvres d'art. Réquisitionnés par la Commission des Arts et mis en dépôt à Versailles en février 1794, ce qui théoriquement les préservait, ils furent réclamés deux mois plus tard par le gouvernement pour être mis en vente, et être ramenés à Louveciennes. Ils échappèrent malgré tout à la dispersion, puisqu'ils sont mentionnés ultérieurement. En janvier 1796, Pascal-Joseph Taskin, un neveu de Pascal, facteur à Versailles, présente un mémoire "pour réparation du clavecin appartenant à la ci-devant Dubarry". En 1830, le piano-forte et la harpe existaient "encore en Nature entre les Mains de l'Etat". On peut regretter qu'aucun de ces instruments exceptionnels n'ait été retrouvé à ce jour [...].

A titre d'équivalence (facteur, date, formes et coloris), ledit catalogue publie les illustrations d'un clavecin de Taskin conservé à la Russel collection, Université d'Edimbourg,


ainsi que celle d'une harpe de Nadermann conservée au Musée de la Musique à Paris.

Seule la propriété d'un théorbe au monogramme "DB", également illustré et conservé aux Arts Décoratifs, semble pouvoir aujourd'hui être attribuée à Mme Du Barry.


Dernière édition par Vidame du Hayreu-Hersay le Mar 28 Déc 2010 - 22:36, édité 4 fois
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Pierre-Adrien
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Ven 31 Déc 2010 - 10:22

Merci beaucoup messieurs pour toutes ces contributions sur les instruments de musique. Ce sujet mérite effectivement une belle exposition.
Je poursuis la retranscription de mes recherches :

En ce qui concerne le dépôt de l’orgue de Saint-Sulpice il s’agit d’un dépôt échange : l’orgue de salon a été échangé contre le monument funéraire de Charles de Valois, duc d’Angoulême (1573-1650) par Pierre II Biard et Abraham Bailly et exécuté entre 1659 et 1661.

Paris le 18 février 1968
Mémoire au Conseil de Paris

Le Ministère des Affaires Culturelles a accepté de mettre en dépôt dans l’hôtel de Lamoignon, la statue de  Diane de France, œuvre de Thomas Boudin, provenant du tombeau de cette princesse à l’église des Minimes de la Place Royale.

Placée dans le Pavillon Diane de France à l’entrée de l’hôtel restauré, cette statue occupe l’un des murs aveugles, dont le second appelle impérieusement un complément de décor.

Afin de remédier à cet état de choses, il a paru satisfaisant, tant d’un point de vue historique qu’esthétique, de solliciter le transfert à l’hôtel Lamoignon de la statue de Charles de Valois appartenant présentement au château de Versailles.

Par dépêche en date du 15 septembre 1967, M. le Ministre d’Etat chargé des Affaires Culturelles s’est montré tout à fait favorable à cette mise en dépôt, mais il a, par la même occasion, exprimé le vœu que la Ville de Paris accepte, par une sorte de réciprocité de bons offices, de transférer à Versailles le petit orgue du Dauphin, fils de Louis XV, qui se trouve dans la chapelle de la tour Sud de l’église Saint-Sulpice.

Pareil échange semble bien être de l’intérêt de chacune des deux parties. En effet, si la statue de Charles de Valois, neveu de Diane et deuxième occupant de l’hôtel, paraît un pendant tout indiqué à la statue de celle-ci, il appert, par ailleurs, que l‘orgue du Dauphin constitue moins un objet de culte qu’une pièce de musée, dont la disparition ne saurait porter préjudice à l’exercice du culte en l’église Saint-Sulpice, ainsi que l’a bien compris le Conseil Curial en donnant son accord à la mise en dépôt de l’instrument.

Les modalités qui présideraient à cet échange seraient les suivantes :

1° - Les frais de transport et de mise en place seraient à la charge de chacun des bénéficiaires des mises en dépôt ;
2° - Les œuvres mises en dépôt resteraient propriété de chacune des deux parties, qui pourraient les reprendre à tout instant ;
3° - Les œuvres seraient confiées à titre de dépôt dans le seul intérêt de bénéficiaires des prêts, au terme d’un contrat précaire et révocable en gageant entièrement la responsabilité du dépositaire en cas de dégradation ou de perte.

Je vous prie, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir délibérer.

Le Préfet de Paris
M. Doublet


Suit :

le Projet de délibération daté du 19 février 1968

L’extrait du registre de délibération de la séance du 29 mars 1968

Et enfin la lettre du Préfet de Paris au Ministre d’Etat chargé des Affaires Culturelles (Direction des musées de France) le 22 mai 1968 (!!!!) qui demande de procéder à l’échange.
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Alain Roger-Ravily
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MessageSujet: Valéry Giscard d'Estaing devant l'orgue "du Dauphin"   Dim 4 Mar 2012 - 16:18

Complément au dossier sans commentaires.



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Louis
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MessageSujet: Orgue de Marie-Antoinette   Lun 15 Avr 2013 - 19:28

Bonsoir,

Trouvé sur http://gallica.bnf.fr :

http://213.215.47.131/maciet2/map_zoom/prepare_visu.php?file=M5053AT_27X000000006_L&collection_id=843&collection_name=M5053AT_27X


Notice complète
Titre : Orgue de Marie-Antoinette, Saint-Sulpice, [6ème arr.]
Auteur : Atget, Eugène (1857-1927). Photogr. Ne voir que les résultats de cet auteur
Date d'édition : 19..
Sujet : Instruments de musique - Orgues - France - Paris Relancer la recherche sur ce sujet dans Gallica
Format : 1 photogr. pos. montée sur velin : papier albuminé d'après négatif sur verre au gélatino-bromure ; 18 x 24 cm (épr.), 40 x 50 cm (sup.)
Format : image fixe, photographie
Droits : domaine public
Identifiant : http://www.bibliothequedesartsdecoratif
s.com/cgi-bin/visu_vignettes.pl?M5053AT_
27X000000006
Source : Bibliothèque des Arts décoratifs, Fonds Eugène Atget
Relation : Vignette : http://www.bibliothequedesartsdecoratifs.com/maciet/M5053AT_27X/Vig/M5053AT_27X000000006_V.JPG
Provenance : Bibliothèque des arts décoratifs
Description : Notice d'après Sartre, Josiane. Atget, l'art décoratif. Paris, 2002
Description : 4749 (Atget)
Description : Orgue provenant de Trianon


Je pense que c'est l'Orgue qui se trouve aujourd'hui dans le Grand Cabinet de Mme Adélaïde :


Cordialement,
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Lebrun
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 15 Avr 2013 - 20:51

Vu l'emplacement choisi dans les années 80, en dépit de toute vérité historique ou architecturale, on aurait mieux fait de laisser cet orgue incertain là où il était.
Il y a vraiment des choix muséographiques qui laissent sans voix. C'est un bien encombrant échange.
Il y avait un orgue documenté chez la Dauphine, c'est là qu'il eût fallu l'installer. Et où on pourra encore le faire.
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ragondin
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Lun 15 Avr 2013 - 23:54

Il serait en effet bon de lui trouver un autre emplacement... Cet instrument, assez vilainement restauré, est vraiment incongru en ce lieu.
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Alain Roger-Ravily
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 16 Avr 2013 - 11:49

Qu'est-ce que la restauration a de vilain? Cela me rappelle la sentence quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage. Plus sérieusement il serait utile de déterminer un emplacement approprié tant il parait important de rappeler le goût des enfants de Louis XV et de Marie Leczinska pour la musique.

Les orgues de salon sont rares, surtout dans un semblable environnement, et celui-ci rappelle les autres, ceux qui ont bel et bien existé à Versailles, comme le font les clavecins, ou autrefois, le violon d'Adélaïde. Les générations futures, qui n'auront plus es lourdes opérations de notre temps, auront sans doute tout loisir pour l'intégrer au château de façon plus appropriée.

Il est vrai qu'on l'y avait placé dans le renfoncement existant au milieu du mur face au fenêtre du Grand Cabinet. Il faudrait peut-être envisager de lui refaire sobrement un coffrage arrière pour le replacer à gauche ou à droite du miroir restitué face aux fenêtre.


Voir début du sujet où Pierre-Adrien avait déjà posté le cliché d'Atget. On a parlé aussi d'un orgue chez Victoire devant un miroir. Les instruments de musiques échappaient ne principe aux inventaires habituels, cela ne rend pas l'étude de leurs emplacements aisés.


Dernière édition par Alain Roger-Ravily le Mar 16 Avr 2013 - 12:07, édité 2 fois
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Louis
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 16 Avr 2013 - 11:55

Je me demande alors pourquoi la Conservation de l'époque avait changé d'avis ! Pourquoi ne pas l'avoir laissé cher la Dauphine ?

Cordialement,
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Alain Roger-Ravily
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Mar 16 Avr 2013 - 12:09

Comme il est dit plus, haut, c'est l'identification (par M Baulez il me semble), de la console d'entre fenêtres du Grand cabinet de la Dauphine, ramenée à Versailles par Louis-Philippe, mais placée dans la chambre de la reine, qui avait conduit, dans les années 80, à restituer le panneau de miroir face aux fenêtres.
Une seule console ne permettait de ne refaire qu'un seul panneau, qui n'est donc pas celui que connut la console à l'origine.
On choisit donc de refaire celui au cente du panneau face aux fenêtres...où était l'orgue. Mais l'évocation est néanmoins très significative.
Evidemment, par un jeu de chaises musicales, l'orgue dut céder la place.


Dernière édition par Alain Roger-Ravily le Mar 16 Avr 2013 - 12:48, édité 1 fois
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Voyageur
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MessageSujet: jean somer facteur orgue paris   Ven 26 Avr 2013 - 18:17

Dans le notice de l'EPV sur les appartements de Mesdames, on apprend que le facteur de l'orgue de salon est Jean SOMER (facteur des filles du roi).

J'ai trouvé peu d'information sur ce facteur :
Jean Somer est un facteur d'orgue français des XVIIIe et XIXe siècles.
Il est notamment le facteur des orgues de l'église Saint-Étienne à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne).
Jean Somer a aussi travaillé sur l'orgue de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
En 1801, il transporte au Panthéon de Paris l'orgue des Bénédictins anglais.
En 1791, il transfert l'orgue de l'église du couvent de l'Annonciation (reconstruit par Joseph Merklin en 1836) dans l'église Saint-Philippe-du-Roule. (Wikipédia)

Quelqu'un a-t-il d'autres renseignements?

http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/vie-scientifique/appartements-de-mesdames

Je signale aussi que dans cette notice, il est écrit le texte suivant : « Le grand cabinet de Mme Adélaïde et son orgue ». A-t-on conclut que l'orgue a vraiment appartenu à Mme Adélaïde?
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MessageSujet: Re: Orgue du grand cabinet de Madame Adélaïde   Aujourd'hui à 12:06

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