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 L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar

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Pierre-Adrien
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MessageSujet: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   Ven 7 Jan 2011 - 23:27

Souvenirs of an embassy : the comte d’Adhémar in London 1783-87
Article de Christian Baulez Burlington magazine, juin 2009

Je n’aborde pas la biographie du comte, sa personnalité et les circonstances qui ont permis son élévation, mais l’article reflète bien l’atmosphère de la cour et les coteries autour de M arie-Antoinette. Adhémar était un proche de la duchesse de Polignac et il donna à la reine la réplique au théâtre du Petit Trianon en 1780 en jouant Colin dans Le Devin de Village.

Il est nommé en 1783 ambassadeur à Londres. La France n’ayant plus de représentation en Angleterre, il s’établit dans une maison sur Hyde Park Corner (deux maisons la séparait de Aspley house) et il fait donc meubler à neuf et à grand frais sa nouvelle résidence.

L’auteur décrit différents achats de mobiliers, porcelaines de Sèvres dont des vases montés par Rémond, tapisseries des Gobelins (tenture des Nouvelles Indes).

Comme il se doit, un portrait officiel du roi, peint par Callet (le cadre par Buteux), est fourni par le ministère des Affaires étrangères pour « la salle du dais de l’hôtel de Londres, à demeure ». Il n’est donc pas donné à titre personnel à Adhémar, il sera d’ailleurs récupéré par son successeur le marquis de La Luzerne. Il pourrait s’agir du portrait acheté par le Rothschild family trust en 2006. Il est aujourd’hui conservé à Waddesdon.

Le marquis de Bombelles lors d’une visite à Londres note « sacrifiant constamment à l’idole […] a orné sa chambre à coucher de Londres d’un portrait de Mme la duchesse de Polignac et que celui de la reine ne se voit que dans un passage ».

Le premier portrait est probablement celui d’Elisabeth Vigée-Lebrun conservé à Waddesdon. Le second, un portrait équestre, est peut-être celui conservé à Versailles peint par Louis-Auguste Brun.

http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=5&FP=56203731&E=2K1KTSUWYWXZT&SID=2K1KTSUWYWXZT&New=T&Pic=1&SubE=2C6NU0J9DC3K

Un portrait plus officiel de la reine toujours de Vigée-Lebrun (cadre aussi de Buteux) sera fourni quelque temps plus tard pour un des salons : octobre 1784 « Remis par ordre de la Reine à M. le comte d’Adhémar, Ambassadeur du Roi à la Cour de Londres ».


ATTENTION LE TRÔNE ARRIVE :



Dernière édition par Pierre-Adrien le Ven 7 Jan 2011 - 23:34, édité 2 fois
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Pierre-Adrien
Vicomtesse, Vicomte
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MessageSujet: Trône de l'Ambassade de France - Worcester   Ven 7 Jan 2011 - 23:33

Le 15 février 1783 Vergennes écrit à Fontanieu :

« M. le Cte d’Adhémar, Ambassadeur du Roi près de Sa Majesté Britannique vous a parlé, Monsieur, d’un Dais qu’il désirerait obtenir du Garde meuble de Sa Majesté pour la salle de l’hôtel de France à Londres, dans laquelle doit être placé le portrait de Sa Majesté. Je vous prie, Monsieur, de bien vouloir mettre sous les yeux du Roi la demande de M. d’Adhémar pour cet objet, et de m’informer de la décision de Sa Majesté. Si elle a la bonté d‘accorder ce meuble, en ce cas il ferait partie du mobilier appartenant au Roi dans l’hôtel de l’Ambassadeur de Sa Majesté à la Cour de Londres »

Le nouvel ambassadeur n’hésite pas à écrire au roi directement  le 23 février suivant  :

« Le comte d’Adémar supplie le Roi de vouloir bien ordonner qu’il  lui soit fourni du Garde Meuble, un dais et un ornement d’autel. Ces objets onéreux à faire faire neuf, se trouvent ordinairement dans les maisons des Ambassadeurs que l’on succède. Mais le Cte d’Adhémar ne remplace personne, qu’il est obligé aux dépenses extraordinaires d’un établissement  tout nouveau, qu’il se trouve encore chargé des frais d’entretien des Chapelles que le Roi payait autrefois, il espère que toutes ces considérations détermineront Sa Majesté à lui donner le nouveau secours qu’il attend de sa munificence. Semblable grâce a été accordée à Constantinople ces effets restent à l’Ambassade et appartiennent au roi [signé ] Le Cte d’Adhémar » [annoté par le roi] « Bon, pour rester à l’Ambassade d’Angleterre »


En fait la demande d’un dais cachait un ensemble plus large :
- Une « impériale à la romaine »
- Un trône
- Douze chaises à la reine
- Des rideaux pour 5 fenêtres
Ainsi qu’une quantité suffisante de velours et galon d’or pour les garnitures et la confection de tout cela.

Comme le fait remarquer Adhémar dans sa demande au roi, un ensemble comparable  avait été fourni à l’Ambassade de Constantinople en 1778 (réalisé sur les dessins de Jacques Gondoin par les Foliot : un dais, un trône, douze fauteuils)

Le velours fût fourni par Nau-Germain et Compagnie pour 15,930 livres, les galons d’or par Charles-André Lhéritier pour 41,121 livres et Claude-François Capin s’occupa de la garniture et de la confection des rideaux et du dais pour 6,222 livres.
En ce qui concerne les meubles, ils furent réalisés par François II Foliot 1,382, sculptés par Toussaint Foliot pour 18,572 livres et dorés par Marie-Catherine Renon, veuve de Gaspard-Marie Bardou pour 10,478 livres. Le serrurier qui travailla sur le dais est Jean Courbin et le plumassier Jacques-Roch Donnebecq qui composa les deux panaches à la romaine (16 plumes chaque) qui surmontaient des casques.

Il est impossible de connaître en détail comment ces meubles étaient ornés, les factures de 1783 n’ayant pas été retrouvées.

Si le dais a semble-t-il disparu, Christian Baulez pense reconnaître le trône dans les collections de la Worcester City Art Gallery and Museum. Il provient de Aston Hall, édifice converti au XIXème siècle en institution culturelle inaugurée par la reine Victoria en 1858. Il est connu pour avoir été le siège de la souveraine à cette occasion et a été alors, comme le dit l’auteur, « victorianisé » avec une nouvelle garniture capitonnée et enrichi de pattes de lion en bronze doré.

Le fauteuil de Worcester ressemble très fortement à celui de l’Ambassade de Constantinople réalisé par la même équipe quelques années plus tôt. Les factures notamment celle de Toussaint Foliot pour la sculpture sont connues : « … très grand et ceintré sur le plan et l’élévation, enrichi de branches de lys, frise à l’antique, feuilles de refente, rosace et toute architecture taillée de feuilles d’olive, perles et rais de cœur, le tout travaillé dans l’épaisseur du bois... »
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Lebrun
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MessageSujet: Re: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   Mar 11 Jan 2011 - 19:38

Pierre-Adrien a écrit:

Le fauteuil de Worcester ressemble très fortement à celui de l’Ambassade de Constantinople réalisé par la même équipe quelques années plus tôt. Les factures notamment celle de Toussaint Foliot pour la sculpture sont connues : « … très grand et ceintré sur le plan et l’élévation, enrichi de branches de lys, frise à l’antique, feuilles de refente, rosace et toute architecture taillée de feuilles d’olive, perles et rais de cœur, le tout travaillé dans l’épaisseur du bois... »


Cher Pierre-Adrien,
Je pose que la question que tout le monde se pose :
Sait-on si le fauteuil de Constaninople a survécu ?

Pour info, Louis-Philippe fit déménager l'ancienne ambassade de l'autre côté de la rue pour avoir une meilleure vue dans un bâtiment neuf construit tout exprès.
On peut supposer qu'une partie du mobilier a suivi ce déplacement.
L'ambassade actuelle appelée Maison de la France regroupe le consulat Général et la Résidence de l'ambassadeur.
L'architecture intérieure est faite pour la réception et est toujours meublé en grande partie avec son mobilier d'origine à savoir en style Louis-Philippe augmenté de Napoléon III.
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Pierre-Adrien
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MessageSujet: Re: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   Mar 11 Jan 2011 - 23:56

Cher Lebrun,
Je me pose moi même la question. Il n'y a rien à de plus à ce sujet dans l'article de M. Baulez.
L'origine supposée du trône de Worcester semble tenir uniquement par le fait qu'il colle avec la description de celui réalisé pour Constantinople.
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Lebrun
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MessageSujet: Re: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   Dim 18 Déc 2016 - 13:29

Le mobilier d'origine n'existe probablement plus.
L'incendie du quartier de Pera en 1831 a détruit l'ambassade de France,
ce qui a conduit Louis-Philippe à la faire rebâtir.

J'ai pu questionner un ancien ambassadeur en poste en Turquie il y a quelques années :
il n'a jamais repéré sur place de mobilier pouvant provenir d'une salle du trône.
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MessageSujet: Re: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   Lun 19 Déc 2016 - 22:39

Merci cher Pierre-Adrien pour vos  observations.

Pierre-Adrien a écrit:
Le premier portrait est probablement celui d’Elisabeth Vigée-Lebrun conservé à Waddesdon.

Le portrait de la duchesse de Polignac qui a appartenu au comte d'Adhémar n'est pas celui qui est conservé à Waddesdon mais plus probablement, celui qui est conservé au château de Versailles, c'est à dire celui-ci :


Portrait de la duchesse de Polignac par Mme Vigée-Lebrun, château de Versailles

V. ici : http://www.connaissancesdeversailles.org/t418-jean-balthazar-comte-d-adhemar-de-montfalcon?highlight=adh%E9mar

Le portrait de Mme de Polignac, exposé à Waddesdon, appartenait en réalité à son amant, le marquis de Vaudreuil. Il a en effet été acheté en 1883 par les Rothschild à la comtesse de Clermont-Tonnerre, apparentée en ligne directe à Vaudreuil (sur cet achat, cf : http://collection.waddesdon.org.uk/search.do?view=detail&page=1&id=41326&db=object ).

Pour la petite histoire, alors que Vaudreuil est agonisant, le comte d'Artois devenu dévot fait décrocher ce portrait, qui orne la chambre du mourant, "au nom de la décence"...

Le voici :


Portrait de la duchesse de Polignac par Mme Vigée-Lebrun, Waddesdon Manor
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MessageSujet: Re: L'ambassade de France à Londres de 1783 à 1787 : Adhémar   

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