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 Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska

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M. de Noisy
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MessageSujet: mariage fontainebleau septembre 1725 vanloo martin joyau   Mer 25 Sep 2013 - 21:08

INTRODUCTION : LES PRELUDES D'UN DESTIN HORS NORMES

Devenir reine de France : le mariage à Fontainebleau le 5 septembre 1725

Le premier document est la " Représentation dans sa vraie grandeur de la Courône de Pierreries qui a servi à la Reine à la Cérémonie du Mariage de leurs Majestez célébré à Fontainebleau le cinquième jour de Septembre 1725 ".
Ce joyau disparu fut exécuté par Claude Rondé, joaillier de la cour de France. Le même Rondé avait livré en 1722 la couronne du sacre de Louis XV d’un modèle proche mais plus riche et plus grande conservé au Louvre. La gravure est de Claude Duflos (1665-1727)

Pour illustrer l’événement dans la chapelle de la Trinité, le château de Fontainebleau a prêté un tableau de l’école française entrée dans ses collections en 1993.

La fondation Czartoryski a également prêté un éventail peint évoquant l’événement.

On peut découvrir ensuite un portrait équestre de la jeune souveraine provenant du musée de l’Ile-de-France à Sceaux, attribué à Jean-Baptiste Martin l’Ancien (1659-1735). La reine y est représentée en costume de chasse devant le château de Fontainebleau.
La chasse au faucon évoquée par ce tableau apparait déjà démodée pour l'époque, elle renvoie plutôt à celle du roi-soleil.  

Œuvre de Pierre-Denis Martin (1663-1742), frère du précédent, on découvre une belle vue cavalière du château de Fontainebleau.
Ce tableau venu de Versailles est animé d’une chasse au cerf avec la princesse de Conti, Marie-Anne de Bourbon, (1666-1739) et son frère Louis de Bourbon, comte de Vermandois (1667-1683).
Cette peinture a été commandée en 1722 par la princesse de Conti pour la salle à manger de son château de Choisy-le-Roi. Elle donne à voir le château tel qu’il se présentait à l’époque avant les transformations de Ange-Jacques Gabriel.

L’effigie suivante de la reine, exposée depuis quelques années dans le grand cabinet de l’appartement d’attique de Mme de Pompadour à Versailles, est en fait un dépôt consenti par le château royal de Varsovie. Ce portrait rejoint donc pendant quelques mois son musée d’origine. On y retrouve peinte la couronne de mariage précédemment illustrée par une gravure.


Marie Leszczynska, reine de France (1703-1768), vers 1725
Auteur : Jean Baptiste Van Loo (1684-1745)
Et pour finir cette section de l’exposition, Voici un grand portrait en pied de Louis XV, d’après Jean Baptiste Van Loo, daté vers 1728. Le monarque y pose dans un grand manteau royal, arborant l’ordre du Saint-Esprit. On peut y admirer une partie des régalia, attributs de la royauté : la couronne, la main de justice et le sceptre fleurdelisé.


(A suivre)

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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Sam 28 Sep 2013 - 21:54

Un article publié dans le Figaro sur cette exposition qui retrace en partie la génése du projet :

http://www.lefigaro.fr/culture/2013/09/27/03004-20130927ARTFIG00481-versailles-enchante-varsovie.php



Grâce à des prêts de la France, la reine Marie Leszczynska est à l'honneur au château royal de Varsovie. Les Polonais sous le charme.

Il y a encore beaucoup de pays où la culture française fait rêver, et qui voient comme un privilège le fait de travailler avec les grands monuments français. Au premier rang desquels la francophile Pologne.
Pendant quatre mois, le château royal de Varsovie présente, en coopération avec le château de Versailles, une exposition sur Marie Leszczynska, femme de Louis XV, fille du roi Stanislas Ier, et qui régna à Versailles pendant quarante ans.

Dans les sept salles modernes du château de Varsovie, on découvrirait presque la reine qui fut soigneusement choisie parmi une liste de 99 candidates -laquelle est montrée dans l'exposition- pour épouser un Louis XV qu'on croyait moribond.
«Pourquoi les Français semblent-ils préférer Mme de Pompadour ou même Marie-Antoinette à cette reine?», se demandait une journaliste polonaise le jour de l'inauguration de l'exposition. Cruelle postérité, qui ne retient que les histoires d'alcôves ou les assassinats!
Marie Leszczynska mit tout de même au monde dix enfants, laissant son mari faire sa vie avec ses maîtresses. Elle aimait les arts, accompagna le Grand Versailles et fut, au final, la grand-mère de trois rois de France. Sage et dévote, elle mourut de sa belle mort.

Dans cette exposition, on (re)découvre également soixante-quatre œuvres prêtées par Versailles, dont huit toiles de Jean-Marc Nattier, représentant les princesses de France: Victoire, Sophie ou Louise.
Habituellement, ces tableaux frais sont accrochés dans l'immense palais versaillais, et on peut les remarquer au détour de la visite, dans les appartements royaux.

«Il a fallu tout réorganiser pour ne pas laisser d'espaces vides aux murs», souligne Catherine Pégard, présidente du château de Versailles, comme pour souligner l'importance de l'opération.
«Mais notre devoir est d'aller à l'étranger, vers les étrangers, qui forment 75% des touristes à Versailles.»

Des liens anciens

C'est l'ambassadeur de Pologne, Tomasz Orłowski, de passage à Versailles, qui aurait suggéré de montrer un événement autour de ce personnage que les Polonais eux-mêmes méconnaissent. La diplomatie a fait le reste.
Lors de la soirée du vernissage, dans un des grands salons dorés du château de Varsovie, entièrement reconstitué dans les années 1980, tous les discours tournèrent autour de «l'amitié franco-polonaise», et des liens anciens unissent les deux pays. Mais on sentait chez les Polonais plus d'attente que chez leurs hôtes français.

En France, l'image de la Pologne s'est construite de manière erratique autour de Chopin, du pape Jean-Paul II, de Lech Walesa, de Roman Polanski ou du fameux plombier polonais, mais aussi de l'occupation soviétique et d'Auschwitz.
Avec ce viatique, peu de Français songent à y partir en vacances, comme ils le font en République Tchèque ou en Hongrie. Pourtant, aujourd'hui, à Varsovie, une bonne partie de l'ancienne génération, qui a longtemps rêvé d'un ailleurs, continue de pratiquer un français impeccable. À l'image d'Iwona Danielewicz, conservatrice au Musée national de Varsovie. Souvent, l'amour de la France se sent et fonctionne comme un encouragement pour tous les Français qui doutent de leur identité.

Alors que l'usage de l'anglais progresse évidemment en Pologne, comme partout en Europe, Andrzej Rottermund, directeur du château royal de Varsovie, a tenu a ce que les cartels d'explication sur Marie Leszczynska soient bilingues, en polonais et en français. «Ceux qui viendront comprendront», a-t-il expliqué.

C'est un pari audacieux, mais le geste ne manque pas de panache.

Château royal: Zamek Królewski. Jusqu'au 6 janvier 2014.

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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Lun 30 Sep 2013 - 14:19

SECTION I : UNE PRINCESSE POLONAISE DEVENUE REINE DE France

S'affirmer Reine de France : maternité et héritier
Cette partie de l’exposition présente le rôle dévolu à la reine de France : donner un héritier au trône.
Elle illustre ses très nombreuses maternités qui lui donnèrent 10 enfants en 10 ans.

Le premier tableau est allégorique, il reprend une figure du tableau Louis XV donnant la paix à l'Europe, livré par François Lemoyne (1688-1737) pour le salon de la Paix. Réalisé par François-André Stiémart (1680-1740), on y voit La fécondité présentant les deux filles aînées de Louis XV, les jumelles Mesdames Elisabeth et Henriette nées le 14 août 1727 au château de Versailles



La naissance suivante est illustrée par une gravure prêtée par la Bibliothèque Nationale de France. Elle évoque Madame Troisième, une fille prénommé Louise-Marie, née à Versailles le 28 juillet 1728 et morte en 1733.

Ces trois princesses seront portraiturées en 1732 par Le peintre Pierre Gobert pour orner les appartements de la Reine à Versailles.





Les mêmes jumelles sont représentées avec l’une de leur nourrice sur une gravure conservée à Versailles :



L’illustration précise que l’Ainée Élisabeth dite Madame de France est nourrie par Mme Varanchan de Marseille et que la cadette Henriette dite Madame de Navarre est nourrie par Mme Raymon de Issoire en Auvergne

Le quatrième enfant du couple sera enfin un héritier mâle. Le dauphin, Louis de France, verra le jour à Versailles le 4 septembre 1729. L’événement est illustré par une gravure.



L’enfant sera portraituré avec sa mère dès l’année suivante par Alexis Simon Belle (1674-1734)



La reine donnera à la France d’autres filles qui resteront toutes célibataires et dont l’instruction se fera pour les 4  plus jeunes à l’abbaye royale de Fontevrault. L’une d’entre-elle, Madame Thérèse née en 1736 y mourra à l’âge de 8 ans sans avoir revu ses parents.
Pour l’exposition, le château de Versailles a prête à Varsovie un large ensemble de portrait de Jean-Marc Nattier représentant ces princesses.


Madame Henriette de France, fille de Louis XV (1727-1752) sous la figure de Flore
Commandé par Louis XV pour le cabinet de la reine au château de Versailles en 1742


Madame Adélaïde de France (1732-1799)

Les trois derniers portraits furent réalisés à Fontevrault et offert en cadeau à la reine par Louis XV peu de temps avant le retour des princesses à Versailles.


Madame Victoire de France (1733-1799)


Madame Sophie de France (1734-1782)


Madame Louise de France (1737-1787)

La descendance royale sera ensuite assurée par le dauphin, fils unique de Louis XV (1729-1765), représenté ici en 1765 revêtu de l’uniforme de colonel-général des Dragons par le peinture suédois Alexandre Roslin (1718-1793)



Le dauphin sera marié deux fois, une première en 1745 avec une infante d’Espagne Marie-Thérèse-Raphaëlle qui mourra des suites de ses premières couches en 1746.
Ce premier mariage fut l’occasion de festivités somptueuses dont les gravures gardent la trace :


Billet du bal paré à Versailles pour le mariage du dauphin, le mercredi 23 février 1745


Bal paré donné à Versailles en février 1745 pour le mariage du Dauphin Louis avec Marie-Thérèse, infante d'Espagne
Par Charles Nicolas Cochin, le Jeune (1715-1790)

Et en seconde noces avec Marie Josèphe de Saxe (1731-1767) représentée ici par Nattier devant les jardins de Versailles, dans une grande robe de cour peut-être celle de ses noces.



Cette seconde princesse n’était autre que la fille de Auguste III de Saxe, élu roi de Pologne à la place du père de Marie Leszczynska à l’issue de la guerre de succession de Pologne.
Le couple princier, qui ne régnera pas, donnera naissance aux trois derniers rois de France, Louis XVI, Charles X et Louis XVIII.

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MessageSujet: conférence presse exposition Varsovie Marie Leszczyńska   Mar 1 Oct 2013 - 20:37

Deux vidéos viennent d'être mises en ligne :

Une présentation de l'exposition (en polonais) diffusée au JT :


La conférence de presse (en polonais et en français) en présence de Mmes Labourdette, Pégard, Saule et Trey :


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M. de Noisy
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MessageSujet: belle gobert antin sculpture portrait faience buste reine   Lun 7 Oct 2013 - 20:48

SECTION I : UNE PRINCESSE POLONAISE DEVENUE REINE DE FRANCE

La célébration du couple royal
Cette section présente une sculpture en bronze doré représentant Marie Leszczynska sous les traits de Junon d’après Guillaume Coustou (1677-1746) vers 1731.
Cette œuvre, conservée au Château royal de Varsovie (inv. ZKW 525), reprend un marbre original au Louvre.
Cette sculpture, avec son pendant - Louis XV travesti en Jupiter - fut initialement commandée aux bâtiments du roi par son directeur, le duc d’Antin, pour son château de Petit-Bourg.
Elles furent après son décès rapatriées à Versailles pour orner le bosquet du dauphin, puis passèrent à Trianon avant d’être saisies à la révolution.

Côté peinture, Versailles a prêté un autre portrait vers 1730 présentant la reine Marie Leszczynska tenant une branche de lys.
La paternité de ce tableau reste sujette à conjecture, tantôt donnée à Alexis-Simon Belle (1674-1734), tantôt à Pierre Gobert (1662-1744).
Il montre la reine se promenant vêtue d’une robe de velours bleu et d’hermine, probablement une robe d’hiver.
Ses cheveux sont ornés d’une aigrette de diamant et d’un savant entrelacs de perles retombant sur l’épaule, son devant de corsage repiqué d’une impressionnante garniture de diamants.
Elle est accompagnée d’une servante habillée « à la polonaise », aux pieds de la souveraine gambade un chien de compagnie dont le collier porte la mention « je suis à la reine ».



Les arts décoratifs se firent également l’écho au couple royal.
Le château de Versailles a prêté deux bustes en faïence fine, celui du roi et de la reine, réalisée entre 1745 et 1760, ici attribués à la Manufacture de Pont-aux-Choux.
L’effigie du roi est d’après un modèle connu de Jean-Baptiste II Lemoyne, l’auteur de celui de la reine reste pour l’heure anonyme.



Ces deux œuvres ont été présentées dans un sujet spécifique du forum (cliquez ici)

A suivre : L'entourage de Marie Leszczynska à la cour …

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Lun 14 Oct 2013 - 10:13

Plusieurs de nos membres m'ont demandé où ils pouvaient se procurer le catalogue de l'exposition.

J'ai bien peur que vous ne deviez l'aller acheter sur place, à moins que le château royal de Varsovie ne le vende prochainement en ligne ...
Car, à la connaissance de Mme Trey, il n'est pas disponible en France.

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Lun 14 Oct 2013 - 13:25

...en avion les bagages sont limités ...

queen 
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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Lun 14 Oct 2013 - 14:18

De plus cette exposition ne viendra pas en France !!!!

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Lun 14 Oct 2013 - 20:49

Pour de raisons que j'ignore, cette exposition ne viendra pas en France (dixit notre cher Noisy) et c'est bien dommage!!!
Il faut dire que contrairement aux favorites royales, Marie, épouse du Bien-Aimé, n'a jamais fait fantasmer les Français.
A tort ou à raison, ils ont toujours préféré les courtisanes aux femmes pieuses.
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M. de Noisy
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MessageSujet: stiemart nattier rigaud argenson henault maurepas brenet   Sam 2 Nov 2013 - 12:22

SECTION I : UNE PRINCESSE POLONAISE DEVENUE REINE DE FRANCE

L'entourage de Marie Leszczynska à la cour
Cette section de l’exposition commence par un tableau des collections du château de Varsovie.
Il s’agit d’une réplique d’un tableau de Stiémart (1680-1740) conservé à Versailles.
Commandé par Louis XV en 1726, ce dernier reprend le portrait de la duchesse de Bourgogne, mère du roi, par Santerre.



Parmi l’entourage officiel de la reine, on trouve au début du règne une princesse du sang, Marie-Anne de Bourbon-Condé dite Mademoiselle de Clermont (1697-1741), nommée Surintendante de la Maison de la Reine, en 1729. A la mort de cette princesse,
la charge sera supprimée par le cardinal de Fleury par mesure d'économie. (Voir sa biographie sur le forum)



Ce tableau, commandé par Louis-Philippe pour le musée historique de Versailles en 1837, est une copie d'après un original de Nattier conservé au musée Condé à Chantilly. Elle est représentée en " déesse des Eaux de santé ".

Dans un cadre plus intime et personnel, la reine recevait souvent dans l’appartement de Mme de Lyunes, sa dame d’honneur.
Parmi ses proches et confidents, on trouvait le président Hénault, ici représenté par une gravure du musée de Versailles.  
Charles-Jean-François Hénault (1685-1770) fut président au parlement de Paris.
Il exerce de 1753 à 1768, la charge de surintendant de la Maison de la Reine. A ce poste de premier officier de sa maison, il eut l'administration des comptes de la reine, réglant ses dépenses, payant ses officiers.
La reine eut pour lui une véritable amitié dont leur correspondance témoigne. Ils échangèrent en particulier sur le sujet de la religion.



Cette gravure de François Voyez le Jeune (1746-1805) reprend un portrait original de Augustin de Saint-Aubin.

Autre proche de la reine, Marc-Pierre de Voyer de Paulmy (1696-1764), comte d'Argenson.
Ce dernier, d’abord créature des Orléans, devint un proche du roi Stanislas. Il entre par ce biais dans le cercle de la reine Marie Leszczynska.
Il s'appuie alors sur ce cercle pour relancer sa carrière politique. Il fut nommé Ministre et secrétaire d'Etat à la Guerre en 1743.



Versailles à prêté ce portrait par l’atelier de Hyacinthe Rigaud (1659-1743) acquis pour le musée d’Histoire auprès de M. de Langeac en 1836. Cette effigie reprend un dessin original de Rigaud de 1732 conservé au musée Fabre à Montpellier.

Autre personnage influent de la jeune cour de Louis XV, la reine fréquentait également Jean-Frédéric Phelippeaux, comte de Maurepas (1701-1781), secrétaire d’Etat à la Marine de 1723 à sa disgrâce en 1749.



Il est ici représenté par une allégorie attribuée à Nicolas Guy Brenet (1728-1792) appartenant à Versailles.

A suivre :  Louis XV et ses maîtresses

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Mlle de Polignac
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MessageSujet: Catalogue   Sam 16 Nov 2013 - 14:08

Bonjour à tous,
J'ai eu la chance de travailler cet été avec Mme Trey, et j'ai aidé un peu pour le catalogue. J'aimerais savoir si il est possible de se le procurer par internet, ou si quelqu'un l'a, si il/elle peut scanner la page des remerciements ? Merci beaucoup !
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Sam 16 Nov 2013 - 14:20

Chère Mlle de Polignac,

Nous avons répondu à votre question plus haut dans le sujet.

L'une de nos membres, est actuellement en Pologne, elle doit en rapporter un exemplaire du catalogue.
Vous pourrez la contacter par message privé lorsqu'elle nous le présentera dans ce sujet-même.


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M. de Noisy
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MessageSujet: nattier pompadour mailly pigalle falconet sevres   Sam 30 Nov 2013 - 11:24

SECTION I : UNE PRINCESSE POLONAISE DEVENUE REINE DE FRANCE

Louis XV et ses maîtresses
La reine donnera 10 enfants à Louis XV, elle aurait finit par s’en plaindre - «Eh quoi, toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher» . Elle ferma alors la porte de sa chambre au roi qui prit dès lors la liberté d’avoir des maitresses officielles.
La reine, fort pieuse, devra supporter cette situation en silence d’autant que les premières maitresses du roi lui furent présentées et firent partie de sa maison.  

Parmi les portraits prêtés pour cette section, on trouve celui présumé de Mme de Mailly en madeleine pénitente dans le désert par Nattier. Ce tableau provient des collections de la couronne sous Louis XV, il est conservé au Louvre.
(Pour la biographie de Mme de Mailly voir sur le forum).



Puis le portrait d'Anne-Marie de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle puis duchesse de Châteauroux en Point du jour. Ce portrait est une copie réduite en ovale d’après Nattier prêté par le Musée Cognacq-Jay à Paris.



Versailles conserve une version autographe plus grande de ce portrait (A voir sur la forum).

Troisième sœur de Mailly mais qui refusa d’être la maitresse du roi, voici le portrait de la marquise de Flavacourt dit le Silence, également une copie d’après Nattier conservée au musée Cognac-Jay à Paris. Ce portrait ovale reprend en l’inversant une composition plus importante passée sur le marché de l’art (voir sur le forum)

Après la succession des sœurs Mailly-Nesles, dont le comportement déplut fortement à la reine, commença en 1745 le règne de Madame de Pompadour.
Elle est représentée par un portrait en diane chasseresse de Nattier qui fut exposé au salon de 1746 et dont dérivent de nombreuses copies (acquis en 2003 par Versailles).



Le règne de Madame de Pompadour à la cour de Versailles durera une vingtaine d’année et évoluera à partir de 1753 vers une amitié entre elle et Louis XV. La marquise dira çà cette occasion : « L’amour est un plaisir pour un temps ; mais l’amitié est un de toutes les saisons,  et je prépare mon cœur à la goûter avec toutes les délices. ». Cette relation privilégiée est évoquée par deux biscuits de Porcelaine prêtés par le musée de Sèvres représentant la marquise et le roi.



Cette allégorie de « L'Amitié au cœur » ou de « Mme de Pompadour en déesse de l’amitié » est réalisée d’après Etienne-Maurice Falconet (1716-1791), Ce modèle fut expressément commandé par la marquise à la manufacture. Il s’inspire d’une gravure « L’offrande sincère » d’après un dessin de François Boucher. Au même moment, la marquise commandait à Falconet un marbre sur ce thème pour un bosquet du château de Bellevue en 1755.



Cette effigie de Louis XV (1710-1774) en empereur romain, d’après Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), reprend la statue inaugurée le 26 août 1765 sur la place royale à Reims, soit près d'un an après le décès de Mme de Pompadour (15 avril 1764).

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

A suivre :
SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES. PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

La reine pieuse
Le goût de la reine pour la peinture
Les plaisirs de la Cour
Les lieux de la Reine
Le décor peint des appartements de la Reine à Versailles

CONCLUSION : LA POSTERITE D'UNE REINE BIEN-AIMEE

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Dernière édition par M. de Noisy le Jeu 9 Jan 2014 - 22:03, édité 1 fois
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M. de Noisy
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Mar 10 Déc 2013 - 21:36

SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES. PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

La reine pieuse
La piété de Marie Lesczinska fut toujours très forte. La reine utilisait une partie non négligeable de ses ressources en dons et soutiens aux ordres et aux nécessiteux.
Son appartement intérieur était rempli de tableaux et objets de dévotion comme le détaille son inventaire après décès présenté sur le forum.

À Versailles, elle se rend souvent au couvent franciscain des Récollets où elle aime faire ses dévotions, ainsi que la maison royale Saint-Louis de Saint-Cyr ou elle pouvait sans étiquette rencontrer sa mère, Catherine Opalinska, lors de ses passages à Versailles.

Pour évoquer ce fort sentiment religieux de la reine, Versailles a justement prêté un portrait la représentant en habit de l’ordre de Saint-Augustin devant Saint-Cyr, institution royale qu’elle soutint financièrement.


© RMN

Ce tableau du peintre-copiste François Stiemart (1680-1740), daté vers 1726, reprend une effigie originale de Pierre Gobert (1662-1744) ou Jean-Baptiste Santerre (1651-1717).

Ce sentiment religieux de la reine se retrouvera largement chez ses filles, dites Mesdames, qui désapprouveront bien souvent, avec leur frère le Dauphin, les infidélités de leur père.
L’une de ces filles, Louise de France, fortement impressionnée par la vie qu’elle mena à Fontevrauld dans son enfance, franchira le pas en devenant elle-même religieuse après le décès de sa mère comme le montre un tableau de Versailles prêté à Varsovie.


Louise-Marie de France fille de Louis XV (1737-1787),
dite Madame Louise, Prieure du Carmel de Saint-Denis vers 1770
© RMN

Ce tableau est du au pinceau de Anne Baptiste Nivelon, un peintre copiste du roi actif de 1750 à 1764 (voir sur le forum)

Deux ouvrages de dévotion sont présentés, le premier appartient aux collections du château royal de Varsovie, il s’agit d’un livre d'heures latines et françaises selon l'ordre de saint Benoit daté de 1719.
Le second est prêté par Versailles et porte les armes d’alliance de la reine, c’est un Office de la semaine sainte en Latin et en français à l’usage de Rome et de Paris date de 1728.
Précisons que ce type d’ouvrage ne provient nécessairement pas de la bibliothèque de la Souveraine. Il s’agissait le plus souvent d’un cadeau d’amitié ou d’étrennes faits par la reine aux gens de son service comme les dames d’honneur.


© RMN - Don de la société des Amis de Versailles, 2008

Les actions de la reine envers les nécessiteux sont évoquées par une aumônière brodée portant ses armes.
Cet objet que l’on peut aisément confondre avec une bourse de jeux a été réalisé à Paris vers 1750.
Il appartient à la Bibliothèque de l’Académie polonaise des sciences de Kornik.

La dernière œuvre consacré au sentiment religieux est un dessin préparatoire à une peinture de Charles Coypel (1694-1752). Elle représente La France rendant grâces au ciel pour la guérison du roi à Metz en aout 1744.


© RMN

Cette étude à la pierre noire appartient au château de Versailles. Une étude au pastel plus poussée appartient au Louvre.
Le tableau fut accroché dans le salon des nobles de la reine à Versailles.
Il est aujourd’hui conservé dans l’église de Clairvaux dans le Jura.


Ajout de Admin
Voir le tableau original photographié dans l'eglise de Clairvaux les lacs
Cliquez ici


A suivre :
SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES. PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

Le goût de la reine pour la peinture
Les plaisirs de la Cour
Les lieux de la Reine
Le décor peint des appartements de la Reine à Versailles

CONCLUSION : LA POSTERITE D'UNE REINE BIEN-AIMEE

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Dim 5 Jan 2014 - 11:03


© Zamek Krolewski

C'est aujourd'hui le dernier jour de l'exposition Marie Leszczynska au château Royal de Varsovie.
Conclusion en musique. Au programme du concert donné cet après-midi, Couperin et Rameau (bien sûr!).

Les oeuvres prêtées par l'EPV reviennent de Varsovie à la fin du mois.
Elles retrouveront progressivement leurs emplacements chaque lundi (jour de fermeture).

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MessageSujet: nattier coypel oudry peinture ferme autoprtrait portait   Jeu 9 Jan 2014 - 20:01

SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES.
PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIÈCLE DES LUMIÈRES


Le goût de la reine pour la peinture
Chaque membre de la famille royale se devait d’avoir une noble activité manuelle, marque d’une bonne éducation et de bon gout - pour la reine, ce sera la peinture.
Cette section de l’exposition était illustrée par le dernier portrait officiel voulu par la reine et commandé en 1748 à Nattier par les Bâtiments du roi.
La reine en fit faire expressément deux copies à Nattier pour être offertes à M. le Comte de Maurepas et à M. Paris Duverney.
L’exemplaire présenté est l’original des collections royales conservé à Versailles.

Le nombre connu de copie de cette œuvre traduit son grand succès suite à sa présentation au Salon de 1748.
On y voit la reine lisant la Bible, portant un habit non de cour mais d’intérieur, mise en scène surprenante pour un portrait royal mais assumé par la reine.
Le peintre Tocqué écrira : «  Le succès de ce portrait de la reine passa les espérances de l’artiste, car il eut l’avantage d’être généralement applaudi et de réunir toutes les voix en sa faveur, tant pour son heureuse ressemblance, que par la noble simplicité de sa composition ; simplicité de laquelle il n’a pas du sortir dans l’exécution de ce tableau, ayant reçu l’ordre exprès de la reine de ne la peindre qu’en habits de ville. »

Tout au long du règne, la reine fit commander pour ses appartements intérieurs de Versailles et de Fontainebleau un nombre importants de tableaux religieux, portraits et peintures de genres.
Parmi les principaux récipiendaires de ces commandes royales, on trouve le peintre Charles-Antoine Coypel (1694-1752), représenté à l’exposition de Varsovie par son autoportrait conservé à Versailles.

Cette œuvre est datée de 1746, il s’agit du morceau de réception du peintre à l’Académie royale de peinture et de sculpture.

Secondée par Coypel, Oudry, Jeaurat et les copistes de la Surintendance de Versailles, la reine eut le loisir de se perfectionner à l’art de la peinture dans ces « laboratoires » de Versailles et de réaliser des œuvres ambitieuses portant sa signature.
Le château de Versailles conserve l’une d’entre-elles, « la Ferme » dite également « La France », réalisée en 1753, reprenant un tableau de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) conservé au Louvre.

Cette œuvre fort connue, dont l’original de 1750 fut réalisé pour le cabinet du dauphin à Versailles, possède encore son encadrement d’origine (non prêté à Varsovie) dont les motifs naturalistes reprennent le thème bucolique du tableau.

Images : © RMN – Château de Versailles

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MessageSujet: garde-robe musique cavagnole drouais nattier slodtz musique   Sam 11 Jan 2014 - 21:13

SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES.
PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

Les plaisirs de la Cour
La vie quotidienne de la reine est rythmée par diverses cérémonies récurrentes : les levers et les couchers, la messe, le grand couvert, les présentations et réception officielles. Mais on se divertit également à la cour et la reine aura deux loisirs préférés, la musique et le jeu.  

Le rituel de la journée est ici évoqué par les activités de la garde-robe, ou l’on propose à la reine chaque jour le choix des robes qu’elle portera dans la journée au gré des occupations.
L’exposition présente un rare document provenant de la Bibliothèque Nationale de France, en l’espèce, un échantillon de taffetas « Marly » vert et or issus de la garde-robe de la Reine utilisés pour le grand habit de printemps  en 1736.
Ce document ne provient pas des collections royales mais des collections du maréchal de Richelieu qui regroupa en plusieurs volumes des échantillons d'étoffes et toiles des manufactures de France.
En voici un autre extrait relatif à la garde-robe de la reine.


© BNF
Sous Louis XV, la cour continue de se déplacer de château en château, et pour le service de la famille royale, on multiple auprès des gainiers les commandes de coffres et coffrets armoriés nécessaires au transport des biens personnels les plus précieux.
Cet aspect familier de la vie de cour est évoqué par un coffret aux armes de Marie Leszczynska, appartenant à la fondation Ciechanowiecki (non reproduit)
Le château de Versailles conserve un coffret équivalent faisant partie de la donation de S.A.R la Duchesse de Windsor

Selon les mémoires du duc de Luynes, la reine aime la musique et joue de plusieurs instruments dont le clavecin et de la vielle, médiocrement aux dires des contemporains, mais assez pour s’amuser en privé. Sa voix est fort petite mais fort douce.
Elle s’est entourée de professeurs, François Couperin pour le clavecin et Jean-Baptiste Matho pour le chant.

A côté de cette pratique de salon, la reine organise à Versailles des concerts officiels dirigés par les surintendants de la musique de la Chambre, Destouches et Colin de Blamont puis Rebel et Francoeur.

De son mariage à 1752, les concerts de musique demandés par la reine se joueront dans le salon de la paix avant le jeu, les musiciens devant s’effacer quand celui-ci commence.
A partir de 1752, on déplace plus commodément la musique dans le salon des nobles.
La reine en écoutait également pendant son souper dans l’antichambre du grand couvert.
Ce gout pour la musique dans la famille royale est illustré à l’exposition par trois portraits des filles de la reine.

Celui de Sophie-Philippine-Elisabeth-Justine de France, dite Madame Sophie (1744-1782) par François-Hubert Drouais (1727-1775) vers 1763.
Ce portrait est très probablement la réplique d’un tableau commandé pour Mesdames et destinés à leurs appartements de Versailles. Une autre copie plus grande sera utilisée comme dessus-de-porte de la chambre de Mme Adélaïde.

Le portrait de Madame Henriette jouant de la basse viole par Jean-Marc Nattier (1685-1766) en 1754 est celui que Madame Adélaïde fit placer dans le grand cabinet de son appartement du premier étage.

Enfin le portrait de Madame Victoire jouant de la harpe par Etienne Aubry (1745-1781) présenté au salon de 1773

Cette musique de cour est également évoqué par une partition manuscrite et calligraphiée des Eléments, composé par André Cardinal Destouches et Michel-Richard de Lalande, et une autre imprimée du Roy et le Fermier, comédie en trois actes, mêlée de morceaux de musique, composée par Michel-Jean Sedaine (1719-1797), dans une reliure aux armes de Madame Adélaïde.
Ces deux partitions sont conservées par la bibliothèque municipale de Versailles.

Le 18e siècle fut également celui des salons ou la bonne société du temps se réunit autour de philosophes, scientifiques, écrivains, artistes. A Versailles, ce « salon » sera celui plus modeste de l’appartement de Mme de Luynes.
La reine s’y libère quelque peu de l’étiquette pour converser plus librement tout en savourant à l’occasion les boissons à la mode comme le chocolat, le café ou le thé.

Cette partie de l’exposition est d’abord illustrée par un tableau, Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des Quatre-Glaces au palais du Temple, en mai 1766 par Michel-Barthélémy Ollivier (1712-1784), peintre attitré du prince de Conti.

Plus proche de la reine, cette tasse et soucoupe armoriées aux armes de France et de Pologne provient du service en porcelaine de Meissen offert en 1737 par le roi de Saxe à la Reine de France à l’occasion de la naissance du Dauphin. Cette œuvre a été prêtée par le musée de la Céramique de Sèvres.

La vie de cour était également rythmée par les bals et les spectacles, événement illustré par le " Bal du May " donné à Versailles pendant le carnaval de l'année 1763 sous les ordres de M. le duc de Duras, Premier gentilhomme de la Chambre du Roi dans la salle des spectacles de la cour des Princes, en présence de Louis XV et de la famille royale. On y voit à droite le Dauphin Louis et la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe.

Cette oeuvre provenant de Versailles est due au graveur François-Nicolas Martinet (1731-après1760) et René Michel Slodtz (1705-1764), dessinateur de la chambre et du cabinet du roi.

Le jeu à la cour enfin que la reine appréciait.
Ce loisir fort prisé à la cour est illustrée par plusieurs objets comme ce jeu de cavagnole, provenant du magasin " Aux trois frères ", marchand tabletier du roi et de la reine, vers 1780, conservé au musée des Arts décoratifs de Paris.
Le cavagnole, introduit en France vers 1730-1740, est l'ancêtre de notre loto. Ce jeu fut le favori de la reine.


© Paris, musée des Arts décoratifs, département des jouets
L’argent des paris était conservé dans de luxueuses bourses faites de velours rebrodés de fils d’or et d’argent.
Deux d’entre-elle provenant des collections versaillaises étaient présentées à Varsovie.
Une Bourse de jeu de Marie Leszczynska à ses armes achetée en 1936.



Et une seconde aux armes de Henriette de France (1727-1752), fille de la reine, don de la baronne Elie de Rothschild en 1972.



Enfin, rare souvenir conservé dans les collections nationales, Versailles présentait cette table à jeu appartenant à une série de huit tables livrées en mai 1768 par Gilles Joubert pour le "jeu du Roy" au Petit Trianon.
Elle fut conservée par Marie-Antoinette lorsque le Petit Trianon lui fut affecté.

Sauf mention contraire : images [c) RMN

A suivre :
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Les lieux de la Reine
Le décor peint des appartements de la Reine à Versailles

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Sam 18 Jan 2014 - 11:30

SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES.
PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

Les lieux de la Reine
Cette partie de l’exposition est essentiellement illustrée par des dessins provenant des bâtiments du roi conservés aux Archives Nationales à Paris.

Deux d’entre-eux étaient  un « Desseing d'une face de treillage" et "Profil du balcon tel qu'il est et de la saillie des caisses et du treillage " de l'appartement intérieur de la reine.







Suivaient plusieurs projets d’élévation concernant la chambre de la reine (décor toujours en place) et son grand cabinet intérieur (décor disparu, actuel cabinet doré de Marie-Antoinette).
(à illustrer)

Cette section présentait également un Album, dit de Mme Adélaïde, sur le Couvent de la reine, actuel lycée Hoche, conservé à la bibliothèque municipale de Versailles. (Voir sur le forum l’article consacré à cet édifice.)

Pour aller plus loin, voir également l’article du Centre de recherche de Versailles L’appartement de Marie Leszczyńska (1725-1768) de Manuel Lalanne consacré aux différents lieux de la reine dans les demeures royales (Versailles, Marly, Fontainebleau, Compiègne, Choisy).

A suivre :
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Le décor peint des appartements de la Reine à Versailles

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Mar 21 Jan 2014 - 8:49

SECTION II : UNE VIE A LA COUR DE VERSAILLES.
PLAISIRS MONDAINS ET CULTURE DES ARTS AU SIECLE DES LUMIERES

Le décor peint des appartements de la Reine à Versailles
Cette dernière partie de l’exposition évoque les peintures dont s’entoura la reine dans ses appartements versaillais.

Ses goûts la porteront souvent sur des sujets religieux, pour ses oratoires en particulier.


La Nativité - 1728
Auteur : Noël-Nicolas Coypel (1690-1734)


Sainte Thaïs en prière dans sa cellule - 1736
Auteur : Charles-Antoine Coypel (1694-1752)


Saint François-Xavier débarquant en Chine, vers 1753
Auteur : Joseph Marie Vien (1716-1809)

La reine choisira également d’autres sujets plus légers dans le gout du temps comme les paysages et scènes pastorales.
On y trouve également la série des cinq sens de Oudry commandée pour son petit cabinet intérieur, œuvres restaurées pour l’occasion :


L’ouie


la vue


le goût


l'odorat

Ces peintures proviennent des collections du château de Versailles

La reine succomba également au gout de l’exotisme et de la Chine propre à son époque.
L’exposition présente les toiles peintes pour son cabinet chinois qui, à son décès, échurent à sa dame d’honneur. Elles appartiennent toujours ses descendants.
Marie Leszczinska, peintre à ses heures libres, participa à ce décor aux côtés des peintres copistes de la Surintendance  des bâtiments à Versailles, Jean-Philippe De La Roche, Jean-Martial Frédou, le sieur Prévost, Henri Philippe Bon Coqueret et peut-être Etienne Jeaurat.

( Voir l’essai de restitution de ce cabinet sur ce forum)

Le Louvre y prêtait deux autres sujets pastoraux peints par Pierre-Jacques Cazes.
Ces deux peintures contemporaines des commandes de la reine furent en fait livrées pour les cabinets intérieurs du roi en 1732.


La balançoire
Auteur : Jacques Cazes Pierre (1676-1754)


Danse de villageois
Auteur : Pierre Jacques Cazes (1676-1754)

(Pour connaitre le détail des peintures livrées à la reine à Versailles, voir sur le forum)

Sauf  mention contraire © images RMN

A suivre :  CONCLUSION : LA POSTERITE D'UNE REINE BIEN-AIMEE

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MessageSujet: vasse nancy    Dim 26 Jan 2014 - 10:59

CONCLUSION : LA POSTERITE D'UNE REINE BIEN-AIMEE

A partir des années 1750, la reine Marie Leszczyńska est très affectée par les deuils qui frappent la famille royale.
En 1752, elle perd l'une de ses filles ainées, Madame Henriette, en 1759, c'est Madame Élisabeth, infante de Parme, qui meurt lors d'une visite à Versailles.
En 1765, son fils unique le dauphin Louis-Ferdinand décède à Fontainebleau suivi en 1767 de son épouse la dauphine de Saxe.
La même année, elle est de nouveau endeuillée par la mort de son père chéri, le roi Stanislas, mort dans des conditions dramatique à Lunéville.
La reine tombe malade et dépérit peu à peu, indiquant à ses proches son désir de rejoindre ses chers disparus. Sa lente agonie durera près d’un an ou elle restera le plus souvent alitée.

Elle s’éteint à Versailles le 24 juin 1768. La cour, la ville et le peuple se drapent alors de noir en hommage à la bonne reine Marie.
Son corps est inhumé à la Basilique royale de Saint-Denis tandis que son cœur repose auprès de ses parents, en l'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy.

Ses filles, Mesdames Adélaïde, Victoire et Louise porteront jusqu’à son achèvement le dernier souhait de la reine, la création d'un couvent pour l'éducation des jeunes filles tenu par les Augustines de Compiègne à Versailles (actuel lycée Hoche).

L’exposition se refermait sur deux œuvres.
La première, une sculpture de bronze, représentant une apothéose de la reine, réalisée par un atelier de sculpteur lorrain, conservé à Varsovie. (A illustrer)

La deuxième, était le projet pour son monument pour l’église Notre-dame-de-Bonsecours à Nancy.


© Musee du Louvre – départements des arts graphiques

Dans le catalogue de l’exposition, Catherine Loisel propose d'attribuer ce dessin au sculpteur Louis-Claude Vassé (1717-1772), le considérant comme un des rares dessins préparatoires conservés de l'artiste.
Ce sculpteur était déjà l'auteur du monument funéraire du roi Stanislas pour cette même église de Nancy.



*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-* -*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Voici qui clôt ma relation de cette exposition de Varsovie.
Je souhaite exprimer ici mes remerciements à Mme Juliette Trey, qui nous a permis d’avoir accès à certains documents relatifs à l’exposition pour en donner ici le détail des œuvres,
Ainsi que notre Grande mademoiselle pour les illustrations et encouragements à terminer ce sujet.

J’espère que cela a plu, sinon cela aura été une première et dernière tentative de présenter une exposition de Versailles à l’étranger.

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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Mar 28 Jan 2014 - 17:38

A  Monsieur de Noisy   ; flower 

Je suis  en  admiration  devant  votre  immense  travail  pour  nous  tous .

J'ai eu  de la  chance  de  voir  cette  belle  ,très  belle  exposition  à  Varsovie  au  Château

 Royal    ;  mais  ....je   n'ai    rien  à  ajouter ...    face  au  si  magnifique   cadeau que  vous  

 nous  avez  offert  !

  Quel  régal  .

 MERCI   et  BRAVO  !

  flower  flower  flower 

 Marie L
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MessageSujet: Re: Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska   Aujourd'hui à 6:50

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Exposition à Varsovie : Le Versailles de Marie Leszczyńska
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