Connaissances de Versailles
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 Bâton de maître d'hôtel

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MessageSujet: Bâton de maître d'hôtel   Ven 5 Juin 2015 - 19:56

Bâton de maître d'hôtel

Connaissances de Versailles se propose de faire découvrir à travers des notices détaillées, des œuvres conservées dans le Musée National.


Titre : Bâton de maître-hôtel de la Maison de la reine Marie-Thérèse, vers 1670, bois, cuivre doré, L. : 1,29 cm. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, V 6204.
© RMN (château de Versailles)/Gérard Blot

Ce mois-ci découvrons les bâtons de maitre d'hotel conservés dans les collections, objet d'étiquette et de la vie quotidienne peu évoqués à Versailles.Il est toujours intéressant de voir les objets dont on se servait au temps passé...

Le musée de Versailles possède plusieurs bâtons de maitre d’hôtel dans ses collections.Ces pièces sont extrêmement rares.

Le premier est un bâton maitre d’hôtel du Roi en jonc et vermeil, don du comte Sevin de Quincy. Il figura à l’exposition des tables royales sous le N° 57  du catalogue ( illustration p.41) Les armes gravées sur ce bâton, ayant été effacées, on ignore le nom du maitre d’hotel qui en était propriétaire.

Le second bâton de maitre d’hôtel du Roi , également de jonc et de vermeil, provient des collections de la amrquise de Choiseul Praslin.Selon une tradition familiale , ce bâton appartient au fermier général Haudry de Soucy, qui posséda une charge de maitre d’hôtel sous Louis XVI.Il figura à l’exposition des tables royales sous le N° 58  du catalogue .Ce bâton de cérémonie du dernier maître d'hôtel de Louis XVI, André-Pierre Haudry de Soucy (1736-1817), était en vente chez l'antiquaire Bernard de Leye, fin janvier 2005, à la foire des antiquaires de Bruxelles pour 550 000 euros.

Le troisième bâton, que nous présentons dans notre objet du mois, est celui du maître d'hôtel de la maison de la reine Marie-Thérèse ; aux armes de Jacques-François de Robec. Il s’agit d’une acquisition récente, en vente publique

Archive de la page Sotheby
Notice du portail des Amis de Versailles
Notice de la base des collections
Photo à zoomer

Le bâton est l'attribut du maître d'hôtel du Roi dépendant de la Maison-Bouche, c'est-à-dire les offices de Bouche de la Maison du Roi, institution remontant à Philippe III le Hardi.
Le Premier maître d'hôtel du Roi a la responsabilité de la direction du service et est assisté d'un maître d'hôtel ordinaire et de douze autres servant chacun trois mois par an. Le Premier maître d'hôtel utilise le bâton, signe de commandement, les jours de grands couverts, jour de cérémonie et jours de fêtes.Selon la notice que le catalogue sur l'exposition des Tables royales consacre à ces objets, le maître d'hôtel joue un rôle très important, spécialement lors du Grand Couvert. C'est lui qui informe le Roi, la Reine et les Princes et prend la tête du cortège des viandes. Habituellement, ces bâtons étaient formés d'un jonc garni de velours.
Il semble que tous les bâtons au XVIIIe siècle furent conçus en vermeil car bien que les textes les décrivent avec quelques variantes, ils s'accordent pour dire qu'il s'agissait «d'un long bâton enrichi de fleurs de lys en vermeil et gainé de velours».


La vie à la cour, sous l’ancien régime, était réglée avec une minutieuse étiquette. Le duc Charles-Philippe d’Albert de LUYNES (1695-1758) en fait longuement état dans ses « Mémoires sur la cour de Louis XV (1735-1758) »

Dans le tome I, p. 231-232, figure ainsi la description
de la cérémonie de la cène, avant Pâques, en avril 1737, au cours de laquelle la reine, ses enfants et des princesses lavaient et baisaient les pieds de pauvres fillettes, puis leur distribuaient, en cortège, de nombreux plats. On découvre que dans ce cortège étaient placés, selon un ordre précis, plusieurs maîtres d’hôtel et que certains d’entre eux portaient un bâton distinct, insigne de leur fonction :
« Immédiatement avant Madame marchait M. de Chalmazel, avec son bâton et une serviette ; devant lui M. Fournier, maître d’hôtel ordinaire, avec un bâton moins grand que celui de M. de Chalmazel, qui est à trois pans et terminé par une couronne fermée. Devant M. Fournier trois maîtres d’hôtel de quartier, avec le bouquet et la serviette. Toutes les quinze dames qui portaient les plats avaient chacune une serviette autour du corps. Devant les maîtres d’hôtel marchait M. de Dreux, grand-maître des cérémonies, avec un bâton à pomme et canne d’ivoire ; devant lui M. Desgranges, maître des cérémonies, avec un bâton de même ; devant lui, l’aide des cérémonies, avec un bâton de même. »

On constate que les maîtres d’hôtel ont un bâton particulier, ainsi que les maîtres des cérémonies.

Le duc de Luynes évoque plus loin (tome 11, p. 224) les bâtons portés par le maître d’hôtel du roi (Livry) et par celui de la reine (Chalmazel). Les maîtres d’hôtel « de quartier » (ils servaient trois mois dans l’année) avaient une fonction administrative pour organiser les menus. Eux aussi possédaient un bâton.
Septembre 1751 : « Il y eut le grand couvert à souper dans l’antichambre de la Reine, comme à l’ordinaire ; M. de Livry et M. de Chalmazel, premiers maîtres d’hôtel du Roi et de la Reine, y étaient avec leur bâton. Ils le prennent quand ils veulent, et c’est l’usage de le prendre les jours de cérémonie et de grande fête.
Dans l’usage ordinaire, le maître d’hôtel de quartier, qui a le bâton, va à la bouche faire faire devant lui l’essai des viandes ; le premier maître d’hôtel n’est pas dispensé de cette fonction lorsqu’il prend le bâton.
Lorsque le premier maître d’hôtel du Roi prend le bâton, celui de la Reine est obligé de le prendre ; M. de Livry peut le faire avertir, mais ordinairement le premier maître d’hôtel de la Reine sait quand il doit le prendre et n’a pas besoin d’avertissement. »


Nous ignorons où  sont évoqués les bâtons dans le Musée .
Ils sont probablement en réserve actuellement.

Pourquoi ne pas imaginer qu'un jour prochain, les anciens espaces de la Bouche du roi, soient ouvert à la visite avec une restitution des cuisines et des espaces de service.

On peut restituer facilement une cuisine de la Bouche avec son âtre ( les cheminées existent toujours ), les potagers , crédences et buffets, aménager un office dressé pour le «  Prêt » avec vitrines sécurisées pour les services de Sèvres, batteries de cuisines et autres objets d’usages, cartels et vitrines avec gravures, archives, insignes ( les bâtons de commandements par exemple ) , menus et autres curiosités culinaires. Cette opportunité permettrait d’ouvrir les circulations de service et la volée descendante de l’escalier des Princes pour évoquer le cortège de la «  Viande du Roi » et l’immense logistique de la Bouche du Roi. Ces espaces sont revenus dans le giron du musée depuis la cession du parlement

Une autre présentation pourrait être envisagée dans le grand Couvert du Roi restauré où ces bâtons prendraient tout leurs sens.

Ces espaces pédagogiques qui font tant défaut à Versailles permettraient de renouveler l’offre culturelle, de donner des supports aux conférences et diverses manifestations muséales dont les visiteurs sont toujours demandeurs et friands et dont le succès n’a jamais été démenties ailleurs.

Aujourd’hui disparus, dénaturés ou simplement fermés au public, Fontainebleau et Compiègne ont ouvert la voie, en ouvrant plusieurs logements pédagogique, appartement d’invité des séries, galeries des meubles et salle des échantillons textiles.

Sources :
-Laurent Bastard - Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
- «Versailles et les tables royales en Europe», 3 novembre 1993- 27 février 1994, RMN, Paris, 1993.

Pour aller plus loin :
Thomas-François de Treil de Pardailhan
Maître d'hôtel du roi Louis XVI, à Versailles
Autre exemple

Lire le bulletin du CRCV "Insignes du pouvoir et usages de cour à Versailles sous Louis XIV" de Mme Saule
Accédez au bulletin

Documentation : www.tv5monde.com

LE SCEPTRE DU GOUT

1 mètre 30 de bois orné de bronze doré... un bel objet, et rare de surcroît, on n'en dénombre que 3 au monde... N'allez pas croire qu'il s'agisse d'une arme, à moins qu'elle ne serve la guerre du bon goût. Frappé de fleurs de lys, et des armes de son détenteur - un dénommé Jacques-Antoine de Robec -- il s'agit en fait d'un bâton de maître d'hôtel.

Durant les premières années de Versailles il a rythmé les repas royaux dans l'antichambre du Grand Couvert, chez la Reine... une cérémonie publique remontant au Moyen-âge et devenue quotidienne sous Louis XIV. Quand le Maître d'hôtel du Roi saisissait son bâton, il devenait, trois quarts d'heure durant, le commandant du goût. Se tenant près du souverain, il dirigeait le service et le rituel, face au Maître d'Hôtel de la Reine.

On mangeait comme dans une bonne maison bourgeoise : trois services, potages et entrées, rôtis et salades, entremets. En revanche la quantité des mets était importante : on pouvait dénombrer 50 plats différents.

Ni le roi ni les convives ne mangeaient de tout : la domesticité profitait de la table. On appelait cela « service à la française ».

Aujourd'hui on dirait « l'art d'accommoder les restes ».

Légende : Bâton de Maître d'Hôtel
Jacques-Antoine de Robec, vers 1670
Antichambre du grand Couvert, Grand Appartement de la Reine

Sujets connexes :
La Bouche du Roi
Chez le premier maitre d'hôtel du Roi
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MessageSujet: Baton Haudry de Soucy   Sam 6 Juin 2015 - 11:44

Archive du forum 1687

Notice de la vente du second bâton présenté dans le premeir post :

"BATON DE MAITRE D’HOTEL DU ROI LOUIS XVI - PARIS
Aux armoiries royales ayant appartenu à André-Pierre Haudry de Soucy

Bâton en jonc se composant en deux parties qui se dévissent. Les extrémités portent un bandeau en vermeil avec semis de fleur de lys en applique sur fond amati et sommé d’une fleur de lys en vermeil. Ce bâton de commandement, désignait celui qui avait la direction effective du service des officiers de la Bouche au cours des repas.
Selon une tradition familiale, ce bâton aurait appartenu au Fermier Général André Haudry de Soucy qui a exercé la charge de maître d’hôtel du roi Louis XVI à la fin de l’Ancien Régime.

Le bâton était signe de commandement et celui de maître d’hôtel revêtait une importance particulière dans le cérémonial des repas officiels à la Cour, car sa présence comme celle de la nef et du cadenas, caractérisait le Grand Couvert.
Alors, un seul maître d’hôtel le portait et cette marque de charge signifiait que c’était à lui qu’incombait la direction effective du service, quand il allait avertir le roi, quand il prenait la tête du cortège des viandes et quand, il se tenait auprès de la table royale. Son autorité s’exerçait réellement à l’égard des services de Bouche, La Maison-bouche ayant pour mission d’assurer l’approvisionnement, la préparation et le service afférents à toute la nourriture, repas ou collations, destinés au roi lui-même, à ses enfants et à ses invités.
Le Premier maître ne prenait son bâton que les jours de cérémonie et les jours de fête, laissant habituellement commander un de trois maîtres d’hôtel en quartier. Traditionnellement chaque maître d’hôtel possédait un bâton. Différents textes les décrivent, avec des variantes, mais s’accordent pour dire qu’il s’agit d’un long bâton enrichi de fleur de lys en vermeil et gainé de velours.
Le Grand Maître, toujours le chef de la maison de Condé, s’appelait « souverain maître d’hôtel du roi » et commandait à tous les officiers de la Maison. Il avait un bâton garni de diamants et l’utilisait lors du festin du sacre.
Extrait - Article - Le règne de Louis XV - Versailles et les tables royales en Europe - 17ème et 19ème siècles - Musée National des châteaux de Versailles et de Trianon - 1993/1994 – p.274 – n°


Données matérielles
Jonc et vermeil - Le bâton est accompagné de son étui en cuir - .Hauteur : 152 cm

Parution
Objet répertorié dans l’ouvrage (sans photos)
Versailles et les tables royales en Europe - 17ème et 19ème siècles - Musée National des châteaux de Versailles et de Trianon - 1993/1994 - p.274 - n°58
Un bâton de maître d’hôtel identique en jonc et vermeil est connu et répertorié
Il porte la décharge des menus ouvrages de la ville de Paris pour les années 1722/1727 et le poinçon de garantie de la ville de Paris pour les années 1819/1838
Versailles et les tables royales en Europe - 17ème et 19ème siècles - Musée National des châteaux de Versailles et de Trianon - 1993/1994 - p.274 - n°57 -p.27

ANDRE-PIERRE HAUDRY DE SOUCY est né en 1736. Ecuyer, seigneur de Soucy et fermier général. Il épouse Justine Victoire Payneau, née en 1740. Il est décédé en 1817. ANDRE-PIERRE HAUDRY DE SOUCY vit dans l’opulence après avoir hérité, à la mort de son père, de nombreux biens. Il possédait, outre des maisons à Paris, de vastes domaines au Sud-Ouest de la capitale, notamment la seigneurie de Soucy. Mais son train de vie dispendieux ne lui permit pas de les conserver, car il fut ruiné par une danseuse de l’Opéra, Mademoiselle Laguerre
Son père André-Haudry (1688-1766) est Conseiller et secrétaire du roi. En 1746, André Haudry, propriétaire de Fontenay achète Soucy où il s’installe. Il devient fermier
général, Seigneur de Soucy, Seigneur de Fontenay, et Seigneur de Janvry."


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