Connaissances de Versailles
Bienvenue à vous
Vous consultez actuellement un forum épurgé de ces rubriques.Seuls les membres inscrits peuvent accéder à l'intégralité du forum. Visiteurs, n'hésitez pas à vous inscrire et à venir nous rejoindre pour avoir accès à toutes les fonctionnalités du forum !

Autrefois à Versailles, pour se dire "de la Cour", il fallait être " présenté".
Première participation ? Pensez à vous présenter dans la rubrique " Bienvenue à vous" dans un délai d'un mois pour voir votre inscription validée définitivement et accédez aux rubriques accessibles aux seuls "présentés".

Après ce délai sans présentation effective, votre compte provisoire sera supprimé sans préavis de notre part.

A bientôt !
Merci















Histoire, description et guide du chateau de Versailles
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le mythe de Versailles et l’Europe des cours, XVIIIe-XIXe s.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Grande Mademoiselle
co-Admin
avatar

Nombre de messages : 7133
Localisation : Entre le comté d'Eu, Versailles, Fontainebleau, et la principauté de Dombes
Date d'inscription : 13/02/2012

MessageSujet: Le mythe de Versailles et l’Europe des cours, XVIIIe-XIXe s.   Jeu 12 Oct 2017 - 9:05


Vue perspective de la ville et du château de Versailles depuis la butte Montbauron ; visite du roi du 14 novembre 1685
Martin l'Aîné, Jean-Baptiste (peintre)
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

Le mythe de Versailles et l’Europe des cours
XVIIIe-XIXe siècles


Château de Versailles, fin 2020
(2,5 jours)


Dans le cadre du programme de recherche « Identités curiales et le mythe de Versailles en Europe : perceptions, adhésions et rejets (XVIIIe-XIXe siècles) », le Centre de recherche du château de Versailles organise un colloque international. Ce colloque, prévu à la fin de l’année 2020, sera d’une durée de deux jours et demi et se tiendra à l’auditorium du château de Versailles.

Argumentaire

Au sortir de l’âge féodal, les cours princières constituent un phénomène européen à contenu politique, social et culturel : monopolisation du pouvoir au profit d’un seul, rassemblement d’un groupe aulique, les courtisans, attachés au service de la personne du prince et de sa famille, habitus de résidence, développement d’une sociabilité et d’un mode de vie spécifiques et discriminants, pratiques de valorisation encomiastique (concernant la composition, l'écriture, ou la prononciation d'éloges) et communication symbolique.

Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les cours princières en Europe ne se réclament pas d’un paradigme unique. Il y a autant de cours que de maisons princières, que de types « nationaux », même si certaines, comme les cours de Bourgogne au XVe siècle, d’Italie du nord et du centre aux XVe et XVIe siècles, acquièrent une valeur normative et exercent leur influence d’une extrémité à l’autre de l’Europe. La nouveauté est que dans l’Europe des XVIIIe et XIXe siècles, les cours princières se réfèrent à un modèle unique qui prend valeur d’archétype : Versailles.

La cour de Louis XIV est érigée en paradigme absolu, envers lequel se positionnent toutes les autres. Ce paradigme a pris la forme d’un mythe, c’est à dire d’une construction fantasmée, retenant certains éléments, les transformant, les assemblant en un imaginaire mobilisateur. Ce mythe travaille les monarchies européennes jusqu’à leur effondrement au début du XXe siècle, alors même que les configurations politiques changent, que des formes de pouvoir partagé se font jour, les monarchies devant composer avec des assemblées, alors même parfois que les monarchies ne sont plus, comme dans la France républicaine après 1870.

L’objectif du programme de recherche est l’analyse du modus operandi du mythe de Versailles dans l’Europe monarchique des XVIIIe et XIXe siècles.
Trois questions fondamentales doivent être posées : perception, adhésion, rejet. Quelles sont les modalités d’élaboration du mythe ? Ouvrages d’histoire, mémoires, récits de voyages, lettres, romans historiques, images, gravures, album, tableaux, scènes de genre… Quels sont les acteurs de cette élaboration ? Pour quels contenus, qui peuvent fluctuer considérablement ? Quel accueil en résulte-t-il dans l’exercice du pouvoir, dans la pratique résidentielle, l’architecture palatiale, la distribution et l’usage des lieux, dans la pratique quotidienne, l’exhibition ou le retrait, la vie publique, la sociabilité, les mœurs…

Inversement, et l’on peut reprendre point par point ce qui précède, qu’en est-il des modalités de refus, pour quelles raisons, quels modèles concurrents rencontre le paradigme versaillais dans la compétition des puissances dont l’Europe est alors le champ clos ? Il s’agit d’apprécier la part prise par le fantasme de Versailles dans la construction des identités curiales mais aussi dans leur fossilisation : la mythification de Versailles n’aurait-elle pas été le moyen de faire, lors du crépuscule des monarchies, le deuil de l’Ancien régime ?

Axes du colloque

La recherche doit aboutir à un colloque organisé selon trois axes qui sont les aspects majeurs du mythe de Versailles.

   1. La politique spectacle. Une anthropologie du pouvoir

Le mythe de Versailles est d’abord celui d’une pratique du pouvoir : la politique-spectacle, tant il est vrai qu’à Versailles le spectacle est constitutif du politique-même : la prééminence princière, principe premier du pouvoir monarchique, passe à Versailles par la mise en spectacle du corps du prince, son ostentation publique, la ritualisation de son quotidien. Les séquences en sont le lever / le coucher, le repas en public, la messe, la chasse, la promenade, le bal, les divertissements… Le corps du prince est susceptible d’extension, et peut se prolonger jusqu’aux membres de sa famille, plus ou moins élargie selon la proximité du sang. Les acteurs de ce culte sont organisés selon des fonctions très précises, charges et offices, statutaires et codifiés, exercés par des personnels de statut social variable, regroupés au sein d’administrations hiérarchisées, les maisons religieuse, civile et militaire, distingués par une vêture, des livrées, des attributs spécifiques. Les lieux de ce culte sont eux aussi déterminés et divisés en privé et public, à l’intérieur comme à l’extérieur ; parmi eux, la chambre tient une place éminente.

La recherche doit considérer quelle fut l’influence du mode de vie versaillais dans les cours européennes, quels en furent les diffuseurs, ce qui fut adopté, mais aussi réfuté, par un large tour d’Europe, notamment en Europe centrale et orientale, où de nouvelles monarchies virent le jour au XIXe siècle, sans oublier la France avec les cours impériales de Napoléon Ier et Napoléon III, et même celle des présidents de la IIIe République…

   2. Le palais. Espace du pouvoir, pouvoir et espace

Versailles, c’est le lieu du prince, c’est aussi une organisation spatiale du politique. Le nomadisme royal cesse, le pouvoir se fixe. Il a son lieu propre, solitaire, hors de la ville capitale. Il a rompu avec la nation et ses corps. Il a fait rompre les ancrages géographiques des nobles : abandonnant leurs résidences propres, ils sont devenus les satellites du prince. Il groupe autour de lui le personnel de gouvernement, hommes et administrations. Toute autonomie spatiale, gage d’autonomie politique, est supprimée.

Versailles instaure la dualité de la notion de capitale. Ce splendide isolement du prince, du politique, fascine les monarques européens. Mais le paradigme rencontre des résistances. La domestication, au sens politique et spatial, peut être refusée par les aristocrates. L’essor des villes exige la présence du monarque, symbolique avec les statues sur les places royales, effective avec la regia italienne ou la residenz germanique. Les sièges des administrations et des assemblées, les parlements au XIXe siècle, entretiennent avec le palais une dualité spatiale et politique.

Il faut enfin prendre en compte la relation entre la géographie politique du prince et celle, religieuse, des grands centres sacrés.
L’enquête devra s’interroger sur la compatibilité du modèle versaillais avec ces configurations de nature diverse, expression des spécificités d’une Europe multiple.

   3. Une sociabilité. La société de cour

Les moralistes ont un mot pour désigner la cour : ce pays-là, un univers à part, avec ses codes, ses mœurs, son originalité. La civilisation de cour n’est pas née avec Versailles, mais c’est à Versailles qu’elle a acquis ses formulations les plus achevées. On peut en recenser les éléments.

Depuis Norbert Elias, on sait le rôle de l’éducation, du dressage du corps, de la maitrise des affects, de l’intellectualisation des rapports de force. La vie de cour, c’est un habitus individuel et collectif, un style de vie en société, le primat de l’apparence, le brillant de la conversation, l’affectation d’intelligence, de subtilité, mais aussi la dissimulation et la férocité. C’est une sociabilité qui fait à la femme une place prépondérante mais toujours fragile.

Ce vivre-ensemble s’articule autour de pratiques : la conversation y tient une place essentielle, mais aussi la musique, la comédie, la mascarade, le jeu, la promenade, la chasse… La société de cour est régie par le principe du rang, c’est à dire la place assignée à chacun selon sa naissance. Cette rigidité de principe n’empêche pas la mobilité sociale : transgresser ou défendre son rang est le moteur de la société de cour.

Ce modèle a suscité en Europe autant d’émulation que de réserve, voire de réticences. Les philosophies de la nature, l’anglomanie, le rousseauisme, prennent le contre-pied du formalisme louis-quatorzien.

Chef de projet :
Gérard Sabatier, professeur émérite de l’université de Grenoble II, président du Comité scientifique du Centre de recherche du château de Versailles.

Équipe :
Antonio Alvarez-Ossorio, Universidad Autónoma de Madrid,
Maciej Forycki, Uniwersytet Adam Mickiewicz, Poznań,
Mark Hengerer, Ludwig-Maximilians-Universität, Munich,
Jean-Marie Le Gall, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
Francine-Dominique Liechtenhan, Centre national de la recherche scientifique,
Philip Mansel, The Society for Court Studies, Londres,
Andrea Merlotti, Centro Studi La Venaria Reale, Turin,
Nicolas Morales, Casa de Velázquez, Madrid,
Thierry Sarmant, Service historique de la Défense du château de Vincennes,
Jonathan Spangler, Manchester Metropolitan University, Manchester.

CRCV.

(A suivre ...)

_________________
« Ce qu’il y a de plus beau à Paris, c’est Versailles ! » Pierre de Nolhac.
Revenir en haut Aller en bas
 
Le mythe de Versailles et l’Europe des cours, XVIIIe-XIXe s.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Versailles et les tables royales en Europe - 3 novembre 1993
» Le mythe du jardin d'Eden
» Pour les TL : Revue Europe sur Pascal Quignard
» on regrettera l'Europe
» Le dragon est-on bien sûr qu’il s’agit d’un mythe?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Connaissances de Versailles :: Versailles, Recherches, Etudes et Vie scientifique :: Colloques-
Sauter vers: