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 Sur France Musique. Louis XIV, un règne en musique

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Grande Mademoiselle
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MessageSujet: Sur France Musique. Louis XIV, un règne en musique   Mer 26 Aoû 2015 - 17:05



Louis XIV, un règne en musique

http://www.francemusique.fr/

Le 1er septembre 1715 s’éteignait Louis XIV, surnommé le Roi-Soleil (au XIXe s.), au terme d’une course de 76 ans, 11 mois, et 26 jours.
Amateur de guitare et de danse, le monarque avait fait de la musique l’une des pierres angulaires de son pouvoir.

A l’occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV, francemusique.fr propose de souligner les liens entretenus par le souverain avec la musique, si possible en les accompagnants d’une playlist composée d’exemples enregistrés.

Une approche musicale concentrée sur des lieux emblématiques : Versailles, Marly… ainsi que sur quelques moments clefs : la jeunesse du monarque, son apogée, et la fin du règne. Le tout accompagné des musiques du temps : du Ballet de la Nuit aux musiques des funérailles, en passant par Lully, Charpentier, De Lalande, ou encore Philidor.

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MessageSujet: Louis XIV et la musique : Marly   Mer 26 Aoû 2015 - 17:14



Louis XIV et la musique : Marly

Lieu de plaisance privilégié de Louis XIV, Marly fut également lieu de musique. Portrait musical d’un lieu atypique du règne de Louis XIV, dernière résidence estivale avant sa mort le 1er septembre 1715.

Le 1er septembre 1715 s’éteint Louis XIV, d’une mort qui met fin au plus long règne de l’histoire de France (72 ans, dont 54 de règne dit “personnel”) et à l’un de ses plus célèbres. A 76 ans, la course du Roi-Soleil s’achève en un lent crépuscule marqué par les morts : celles du grand hiver de 1709 et de ses répercutions, celles de ses héritiers (Louis XIV perd son fils en 1711, son petit-fils et un arrière-petit-fils en 1712), celles aussi de la guerre de Succession d’Espagne, débutée en 1701 et qui ne prit fin qu’en 1714.

Le roi qui entre se reposer en son domaine de Marly le 12 juin 1715 n’a plus rien à voir avec le souverain dansant le Ballet royal des Plaisirs sur une musique de Jean-Baptiste Lully. Celui qui revêtait en 1655 l’habit de berger pour accompagner un air léger (“Des Nymphes il peut choisir / La plus belle & la meilleure : / Ce berger fait à plaisir / trouvera par tout son heure.”) partage - soixante ans plus tard - son temps entre les soins, la prière, un peu de chasse et de revues militaire, et quelques divertissements… Il en sera ainsi jusqu’au 9 août, date à laquelle Louis XIV rentre à Paris, pour y mourir peu après.  

“Sire… Marly ! ”


Si la musique sous le règne de Louis XIV est souvent associée à Versailles et aux divertissements, les séjours à Marly sont eux aussi propices à des instants musicaux, souvent plus intimes. Le monarque s’y rend souvent, au détour d’une partie de chasse ou d’une balade, et ses séjours ne cessent de s’allonger au fil du règne, de quelques jours dans les années 1680 et 1690 à plus de deux semaines dans les années 1700.

Plus petit que Versailles, Marly n’accueille qu’une centaine d’élus, sélectionnés par le roi lui-même et que l’on appelle les “Marlys”. Commentateur de son temps, le duc de Saint-Simon a décrit dans ses Mémoires la façon dont les courtisans se signalaient au monarque pour obtenir le droit de l’accompagner :

  “Cela s’appelait se présenter pour Marly. Les hommes demandaient le même jour le matin, en disant au roi seulement : “Sire, Marly !”.

A Marly, les règles strictes de l’étiquette que connaît la cour à Versailles sont allégées (sans toutefois être supprimées), à commencer par les règles vestimentaires. L’historien Thierry Sarmant rapporte à ce propos une phrase du marquis de Dangeau : “Le roi veut qu’à Marly on soit à son aise et commodément”. Certains, comme la Princesse palatine (femme du frère du roi), évoquent même une atmosphère très légère : "On ne sait plus du tout qui on est : quand le roi se promène, tout le monde se couvre (...). J'ai grand'peine à m'habituer à cette confusion ; on ne se fait pas d'idée comme tout est présentement, cela ne ressemble plus du tout à une cour."  

Ce léger relâchement se retrouve aussi dans les oeuvres musicales présentées à Marly : alors qu’on joue à Versailles les grands divertissements (La Grotte de Versailles de Lully, Les fontaines de Versailles de de Lalande, Les Plaisirs de Versailles de Charpentier…) et les opéras, Marly est le cadre privilégié des pastorales : Tircis et Célimène, ou les bergers de Marly de Jean-Baptiste Matho y est présenté en 1697, tout comme Diane et Endimion (1698) et Apollon et Daphné (1703) de Philidor.


Costume pour la "Mascarade du Roy de la Chine" de Philidor

Propice au relâchement, Marly est le cadre de mascarades, auxquelles la famille royale participe souvent elle-même : en 1700, Louis XIV y organise une grande série de mascarades dès la Chandeleur et jusqu’au carême. En deux mois, huit spectacles y sont donnés, toutes de la main de de Lalande ou de Philidor, dont une Mascarade du roi de la Chine dans laquelle le compositeur s’inspire - très librement - des sonorités orientales.


Cette musique reste peu connue, très rarement interprétée et encore moins enregistrée.  La liste d’écoute ci-dessous rassemble donc les quelques pièces dont la représentation est assurée à Marly : Mascarade du Roy de la Chine, la Tempête issue d’Alcione de Marin Marais, des airs de de Lalande… Ainsi que des scènes pastorales de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle.

http://www.deezer.com/track/10246374

Par Guillaume Decalf
http://www.francemusique.fr/

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MessageSujet: Ballet royal de la nuit Sébastien Daucé    Mer 26 Aoû 2015 - 17:35


Louis XIV en soleil dans le Ballet de la Nuit

Le “Ballet royal de la nuit” :
Sébastien Daucé dans les pas du jeune Louis XIV


http://www.francemusique.fr/
Par Guillaume Decalf

Dans une astucieuse association de pièces du XVIIe siècle, Sébastien Daucé ressuscite avec l’ensemble Correspondances le “Ballet royal de la Nuit”, ballet emblématique du Louis XIV danseur. Entretien.

En réunissant quelques pièces du Ballet royal de la Nuit, accompagnées d’extraits de l’Orfeo de Rossi et de l’Ercole Amante de Cavalli, Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances dressent un panorama musical de la France à l’aube du règne de Louis XIV. Nous avons rencontré le chef à l’occasion de son concert au Festival de la Chaise-Dieu. Retour sur le contexte historique, et entretien.

   “Le Soleil qui me suit, c’est le jeune Louis”

1653 : après cinq années de “Fronde”, le principal ministre Mazarin et la régente Anne d’Autriche imposent leur régence sur le roi face à une aristocratie et des parlements contestataires, qui voyaient dans la mort de Louis XIII en 1648 et la minorité du jeune Louis XIV (alors âgé de cinq ans), une occasion d’accroître leur pouvoir.

En octobre 1652, Louis XIV fait une entrée triomphale dans Paris. La situation est en grande partie apaisée, mais la noblesse est divisée : parmi les cousins séditieux du roi, le Prince de Condé a été banni du royaume et son frère le Prince de Conti ne baisse les armes qu’en juillet 1653…Mais la situation est néanmoins suffisamment satisfaisante pour que Mazarin puisse entrer à Paris, et organiser les festivités qui s’imposent.

Le Ballet royal de la Nuit est né, le 23 février 1653, de cette volonté unificatrice. Le royaume de France - à commencer par sa noblesse - a besoin d’un signe fort : le ballet aux dizaines d'entrées, ponctuées des danses du roi et de son frère, doit marquer les esprits. La dernière entrée, surtout, se veut hautement symbolique : Louis XIV y figure le soleil levant, dont les paroles sont particulièrement lourdes de sens :

“Sur la cime des monts commençant d'éclairer
Je commence déjà de me faire admirer,
Et ne suis guère avant dans ma vaste carrière,
Je viens rendre aux objets la forme, & la couleur,
Et qui ne voudrait pas avouer ma lumière
Sentira ma chaleur.

Déjà seul je conduis mes chevaux lumineux
Qui traînent la splendeur & l'éclat après eux,
Une divine main m'en a remis les rênes,
Une grande Déesse a soutenu mes droits,
Nous avons même gloire, elle est l'Astre des Reines
Je suis l'Astre des Rois.

En montant sur mon Char j'ai pris soin d'écarter
Beaucoup de Phaëtons qui voulaient y monter,
Dans ce hardi dessein leur ambition tremble,
Chacun d'eux reconnaît qu'il en faut trébucher,
Et qu'on verse toujours si l'on n'est tout ensemble
Le Maître, & le Cocher."

Nul ne sait encore que ce jeune monarque ainsi mis en scène restera dans les mémoires sous le surnom le “Roi Soleil”. Jusqu’à sa mort en 1661, Mazarin n’aura de cesse de parfaire l’éducation du monarque, d’écarter les derniers “Phaëtons”, et de le préparer à assumer seul le pouvoir. Une époque musicalement partagée entre la France et l’Italie, que rassemble justement le programme de Sébastien Daucé. D’un côté, l’influence italienne avec l’Orfeo de Rossi (présenté à Paris en 1647) et l’Ercole Amante de Cavalli (commandé en 1659 pour le mariage de Louis XIV), de l’autre, les compositeurs français : Jean de Cambefort, Jean-Baptiste Boësset, Michel Lambert et Louis de Mollier.

Un nom manque à l’appel, et fut pourtant le trait d’union entre les deux pays : Giovanni Battista Lulli danse avec le roi pendant le Ballet de la Nuit, et peut-être a-t-il porté la main sur sa partition. Comme le jeune monarque, il n’est, en 1653, qu’à l’aube de son règne. Ils attendent l’envol, et lorsque Louis XIV choisit en 1661 de gouverner “seul” (c’est à dire sans principal ministre), le jeune compositeur devient Jean-Baptiste Lully.  

   “Tout le monde connaît cette oeuvre par l’image de Louis XIV en Soleil”

Après s’être concentré sur la musique sacrée du XVIIe siècle (Moulinié, de Lalande), Sébastien Daucé offre un ballet sous forme de feu d’artifice. Entretien.

Comment vous est venue l’idée de ce programme ?

Je suis tombé par hasard sur le premier air chanté du ballet au cours de mes recherches générales sur la musique de cette période qui m’intéresse vraiment, à savoir la première partie du XVIIe siècle français, partie la moins connue. Côté musique sacrée, on a déjà beaucoup travaillé sur Boësset, Moulinié… des compositeurs dont la renommée n’est pas au niveau de leur talent, et puis un jour je suis tombé sur cet air de Jean de Cambefort, dont la musique m’a semblée vraiment splendide. Dans cette copie, postérieure de 50 ans au Ballet, je suis tombé sur la musique orchestrale, dans laquelle on ne trouve que le premier violon. Raison pour laquelle je me suis lancé dans la réécriture complète du ballet.

Votre Ballet de la nuit est donc le fruit d’une réécriture ?

Oui, car je n’avais que le premier violon. Il fallait réécrire la basse, et les parties d’orchestre ensuite. Il y a 78 entrées dans le Ballet original, et nous en avons enregistré un peu plus de 50. En version de concert, comme ce soir à la Chaise-Dieu, nous en jouons la moitié, en les faisant dialoguer d’abord ce pour quoi elles étaient écrites au départ, à savoir les grands récits français.

Quels sont vos ajouts au ballet ?

En plus de ces grands récits chantés, j’ai ajouté des intermèdes d’opéras italiens, mais dans une organisation opposée à ce qui se faisait à l’époque, puisque Mazarin faisait placer des intermèdes de ballets français entre les actes d’opéras italiens. Ces oeuvres (Ercole Amante de Cavalli et l’Orfeo de Rossi) sont liées historiquement au Ballet de la Nuit : elles sont contemporaines de celui-ci et toutes commandées par Mazarin pour Paris et la salle du Petit Bourbon.

J’ai sélectionné dans ces opéras assez longs les meilleurs passages, mais aussi ceux dont les personnages sont en résonance avec ceux du Ballet : Venus chante en français, ouvre la seconde veille, celle des plaisirs et des divertissements, puis on la retrouve dans la troisième veille, où elle chante en italien et participe à une intrigue autour d’Hercule contre Junon. Je me suis débrouillé pour que le synopsis d’Isaac de Bansérande, librettiste du ballet, ne soit jamais contrarié.

Vous êtes le premier à vous attaquer à ce projet, pourtant demeuré célèbre pour les scènes de danse de Louis XIV…

Le ballet royal est l’événement de l’année. Celui de la nuit ne devait être joué qu’un seul soir, et l’a finalement été sept fois tellement le succès fut colossal : c’est une des premières fois qu’un ballet est repris aussi souvent. Les fragments qui ont déjà été interprétés sont ceux réécrits par Reinhard Goebel pour le film Le Roi Danse. Tout le monde connaît cette oeuvre par l’image de Louis XIV en Soleil, qui vient de ce ballet.

Je pense que l’absence d'interprétation vient de la frustration énorme face à cette parition incomplète, qui n’a que son Air. C’est notre chance à nous, de nous dire qu’en 2015 on peut encore tomber sur une oeuvre vierge, de première importance musicale, esthétique et historique.


***


Quelques livres…

Jean-Marie Apostolidès, Le roi-machine, Les éditions de minuit (1981)
Olivier Baumont, La Musique à Versailles, Actes Sud (2007)
Philippe Beaussant, Louis XIV artiste, Payot (1999)
Philippe Beaussant, Lully ou Le musicien du Soleil, Gallimard (1992)
Collectif, Regards sur la musique au temps de Louis XIV, Mardaga (2007)

Quelques émissions disponibles à la réécoute :

L’air des lieux… Au festival de Saint-Denis, sur les traces des musiques des funérailles de Louis XIV avec Leonardo Garcia Alarcon, mais aussi à Versailles, “côté jardins, côté opéra”.

A réécouter également : une émission spéciale sur la discographie de Versailles.  

Dominique Boutel a consacré une émission entière à la “Révolution Atys”, de Jean-Baptiste Lully. Une approche du compositeur à accompagner de deux autres émissions : l’une consacrée à ses rapports avec le pouvoir, dans Musicus Politicus,  et l’autre sur les circonstances de sa mort.

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MessageSujet: Musiques pour la mort de Louis XIV quatorze   Lun 31 Aoû 2015 - 23:53



Musiques pour la mort de Louis XIV

Par Guillaume Decalf sur http://www.francemusique.fr/

Le 1er septembre 1715, à 8h15 du matin, meurt Louis XIV. Entre musiques pour les funérailles et chansons satyriques, retour sur cette “journée qui a fait la France” en compagnie de l’ouvrage La Mort de Louis XIV. Apogée et crépuscule de la royauté de Joël Cornette.

“Ci-gît Louis le Petit / Ce dont tout le peuple est ravi / S’il eût vécu moins de vingt ans / Il eût été nommé le Grand”. Quoi de plus éloigné des prologues de Lully à la gloire du Roi Soleil que cette épitaphe satirique rédigée au lendemain de la mort de Louis XIV ? Avec des milliers d’autres, elles mettent un point final au “Siècle de Louis XIV”, selon la formule de Voltaire.
     
Accablée par l’impôt, par les longues années de guerre, par un règne qui n’en finissait plus de finir ; une partie de la population prend la plume et saisit l’occasion d’achever Louis le Grand. “alors que le roi est à peine enterré, quel contraste en effet entre le désenchantement, l’épuisement, le soulagement aussi de toute la société à l’issue de ce règne sans fin, et l’élan magnifique qui avait marqué ses débuts…” (Joël Cornette, La mort de Louis XIV, Gallimard).

La satire est imprimée, gravée, mais elle est aussi chantée. Alors que les funérailles de Louis XIV sont accompagnées des musiques de Michel-Richard de Lalande, de Philidor, ou encore de Jean Colin, les chansons satiriques foisonnent dans les rues de Paris. On sait peu de choses de la musique de ces chansons, si ce n’est qu’elles reprennent le plus souvent un air très populaire. Dans sa compilation des épitaphes satiriques sur la mort de Louis XIV, Henri Duranton rapporte les airs connus de tous à l’époque : la Faridondaine, les Pendus… Quelques uns de ces airs nous sont connus grâce à d’autres chansons du temps, comme Auprès de ma blonde  (marche militaire composée vers 1704), ou encore Monsieur de Turenne, attribué à Lully et allégrement repris par la suite, notamment par Bizet dans l’Arlésienne.

“Enfin Louis le Grand est mort,
La Parque a terminé son sort,
Oh reguingué ! Oh lon lan là !
Elle vient de trancher sa vie,
Toute l’Europe en est ravie !”

Dans son ouvrage consacré à la mort du monarque, paru dans la collection “Les journées qui ont fait la France”, l’historien Joël Cornette invite a relire l’histoire du règne de Louis XIV au regard de cette profusion critique, à déconstruire la figure royale à l’image d’une certaine caricature anglaise du temps. Car, comme l’explique l’historien, seule la satire française naît de la mort du souverain. Celle venue de Hollande et d’Angleterre existe déjà depuis longtemps, vivifiée par les guerres, par la révocation de l’Edit de Nantes (1685) et par le sac du Palatinat (1689). L'une des plus connue s'attachait à démontrer la fabrication de la monarchie selon Louis XIV, exposant d'un côté les symboles du pouvoir (à gauche), le corps du roi (au centre), et l'image de la royauté (à droite) :


72 ans, 3 mois, et 18 jours : le plus long règne de l’histoire de France ne pouvait s’achever en un souffle, l’agonie dura dura près d’un mois. Et en effet, “Ce fut un spectacle” analyse l’historien. Un spectacle qui commence le 10 août 1715 à Marly, et s’achève le 23 octobre avec les funérailles officielles. Entre ces deux dates : les adieux du roi, le dernier souffle, l’embaumement, et le départ du cortège le 9 septembre. Le long cortège funéraire (plus de mille personnes) qui quitte alors Paris est le dernier de l’ancien régime : Louis XV gagnera la nécropole des rois de France deux jours seulement après sa mort, et Louis XVI sera enfoui au cimetière de la Madeleine juste après sa décapitation.

De ces funérailles, certaines musiques nous sont connues : le De Profundis et le Dies Irae de Michel-Richard Delalande, ou encore la  Marche funèbre pour le Convoi du Roi d’André Danican Philidor.
D’autres, comme les pièces de Jean Colin, seront bientôt ravivées par Raphaël Pichon et l’ensemble Pygmalion, dans un
programme autour des funérailles de Louis XIV, les 3 et 4 novembre prochain en la Chapelle royale du château de Versailles.



Une musique recueillie et intensément pieuse, à l’image du personnage de Louis XIV à la fin de son règne. La tragédie lyrique n’a plus sa place à Versailles, de par l’influence de Madame de Maintenon, qui écrivait à l’abbé Gobelin en 1675 : “l’opéra, où je fais quelquefois de bonnes réflexions, mais où il me semble honteux d’être quand on a quarante ans et que l’on est chrétienne…” mais aussi parce la cour s’ennuie devant les tragédies lyriques. Les oeuvres créées à l’Académie Royale de Musique (fondée à l’initiative de Louis XIV en 1661) connaissent moins de succès qu’à l’époque de Lully, à l’exception - notable - d’Alcione de Marin Marais (1706) et de Callirhoé d’
André Cardinal-Destouches (1672-1749) (créé en 1712, et repris régulièrement jusqu’en 1749).

Le grand succès de ce XVIIIe siècle naissant se produit à répétition Paris : ce sont les Fêtes Vénitiennes d’André Campra, dont les entrées sont reprises régulièrement jusqu’en 1762. Adepte du genre dans ces jeunes années, Louis XIV n’en entendra pas une note…

Liste : http://www.deezer.com/playlist/1344743525

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MessageSujet: Re: Sur France Musique. Louis XIV, un règne en musique   Ven 4 Mar 2016 - 22:24

Au sujet du ballet de la Nuit, je vous signale un documentaire de la BBC fait en 2015
«The King Who Invented Ballet Louis XIV »

https://www.youtube.com/watch?v=XR-elIS5SE0

On y voit (14 minutes- 17 m.) un document extraordinaire, l'album contenant 129 dessins originaux (1653) des costumes du Ballet de la nuit, aujoud'hui conservé à Waddesdon Manor (collection Ferdinand de Rothschild). C'est la première fois que je vois ces dessins exceptionnels.

David Bintley, directeur du Birmingham Royal Ballet, discute le rôle incontournable de Louis XIV dans l'histoire de la danse.
La vidéo s'achève par un ballet moderne de Bintley qui s'inspire du Ballet de la Nuit.
Un documentaire étonnant.
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MessageSujet: Re: Sur France Musique. Louis XIV, un règne en musique   

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